Tours

BA705 à Tours : comment l’armée gère le confinement

Pas plus de 30% du personnel présent et quelques cas de Covid-19.

Depuis le début du confinement, on entend moins d’avions dans le ciel d’Indre-et-Loire. Néanmoins, quelques engins continuent de se poser ou de décoller à Tours. Des appareils qui assurent une mission sanitaire ou des jets privés comme celui qui a déposé deux personnes rendant visite au chanteur des Rolling Stones Mick Jagger (confiné à Pocé-sur-Cisse). Mais ceux que l’on repère le plus ce sont les aéronefs de l’armée…

La Base Aérienne 705 n’est pas au repos. « Nous poursuivons les activités de formation des pilotes et des navigateurs sur Alphajet car il faut pouvoir alimenter les escadrons de combat à l’avenir » explique le Colonel Bourdeloux, le commandant des installations tourangelles. Ce n’est pas tout. En plus de l’école de chasse, Tours hébergeait jusqu’au 19 avril la Permanence Opérationnelle de surveillance du ciel, arrivée fin octobre 2019. Cette « police du ciel » « a réalisé une centaine de vols, entraînements compris » nous explique-t-on. Et ses Mirage 2000 devraient être de retour en juin.

En plus de ces missions programmées, l’armée a supervisé quelques transferts de patients souffrant du coronavirus, transférés à Tours et Saint-Cyr-sur-Loire depuis des hôpitaux parisiens surchargés. Les militaires ont réapprovisionné en carburant les hélicoptères de la gendarmerie ou de la Sécurité Civile qui venaient de déposer des malades au CHU ou à l’Alliance mais ils ont également géré l’accueil d’appareils aux couleurs du Ministère de la Défense, trop gros pour se poser sur des installations hospitalières. Leurs passagers étant ensuite transportés en ambulance. Des vols comme ça, ce qu’on appelle des mouvements, « nous en avons encadrés une dizaine pendant une grosse semaine au plus fort de la crise » note le Colonel Bourdeloux évoquant « le mini pont aérien » mis en place depuis la base de Villacoublay dans les Yvelines. En parallèle, des contrôleurs et pompiers assistaient l’aéroport civil pour l’accueil d’avions sanitaires.

Voilà pour la face la plus visible des activités militaires tourangelles. Mais la BA705 Tours / Cinq-Mars-la-Pile c’est au total 2 200 hommes et femmes et de nombreuses activités, notamment administratives.

« Nous préservons nos missions essentielles avec 25 à 30% du personnel présent. Une autre partie est en télétravail ou en astreinte à domicile. Cela a nécessité une montée en puissance des équipements. Et comme nous sommes un ministère régalien nous travaillons avec certains procédés spécifiques, pas uniquement des mails et Internet. Une dizaine de personnes ont aussi participé à l’opération Résilience pour distribuer plusieurs dizaines de milliers de masques aux établissements hospitaliers, aux pharmacies ou à des EHPAD. »

Colonel Bourdeloux, commandant de la BA705

Au quotidien, l’armée a mis en place des mesures de distanciation sociale, désinfecté en masse les bureaux, espacé les gens sur les tables lors des repas et s’est équipée de masques. Comme le font les pompiers, les militaires de la base tourangelle se sont organisés en bordée, des équipes qui se relaient à la tâche sur des périodes de 15 jours sans se croiser. Une stratégie pour limiter les contacts et qui facilite l’isolation d’une partie des équipes où l’on détecterait un ou plusieurs cas suspects. « Nous avons eu moins d’1% de personnes symptomatiques et une poignée de tests positifs » assure le Colonel, soit moins d’une trentaine de malades. A chaque fois, ils ont été confinés sur la base ou à domicile le temps de se rétablir.

Reste maintenant à préparer le déconfinement, à partir du 11 mai.

« Le plan de reprise d’activité est en cours. Nous nous préparons à travailler avec le Covid : nous ne reprendrons pas comme avant, par exemple une partie du personnel va rester en télétravail. »

Dans l’immédiat, la reprise des opérations de recrutement ou de rayonnement n’est pas à l’ordre du jour. Les cérémonies de remises de diplômes de l’école de chasse qui étaient prévues en ce début de printemps sont reportées. En revanche les activités de formation cesseront bien comme prévu au 1er juillet avec un transfert des activités vers Cognac. Le calendrier de transformation de la BA705 (fermeture de l’école de chasse et cession de terrains) ne devrait pas souffrir de la situation sanitaire. « Les premières entreprises vont venir y travailler dans les jours qui viennent » confirme le Colonel.