Tours

Confinement en Touraine : des incidents ce week-end à la Rabière, la Rabaterie et aux Rives du Cher

Des CRS ont été appelés en renfort.

Depuis le début du confinement mis en place pour lutter contre le coronavirus, la préfecture d’Indre-et-Loire estime avoir des difficultés à faire respecter les consignes dans certains quartiers de l’agglomération tourangelle. La présence policière y est donc soutenue. En ce dernier week-end d’avril, plusieurs incidents ont éclaté à Saint-Pierre-des-Corps, Tours et Joué-lès-Tours, « particulièrement samedi soir » indique à Info Tours le directeur de cabinet de la préfète d’Indre-et-Loire, François Chazot.

A la Rabière, la police est intervenue pour un rodéo urbain observé par plusieurs dizaines de personnes faisant office de public. Dans la soirée plusieurs attroupements de 20 à 30 personnes ont également eu lieu dans la rue. En voulant disperser les foules, il y a eu des incidents entre habitants et forces de l’ordre, ces derniers faisant alors usage de LBD (les lanceurs de balles de défense). Le même soir à la Rabaterie, la préfecture évoque « un barbecue » organisé devant le centre commercial avec 100 personnes, « et lorsque les policiers se sont approchés ils ont été pris à partie » avance François Chazot.

En réaction à ces tensions, une demi-compagnie de CRS a été appelée en renfort pour la nuit de dimanche à lundi. « Elle a été dissuasive » assure la préfecture évoquant la fin prématurée d’un nouveau barbecue dès l’apparition des forces de l’ordre à Saint-Pierre-des-Corps. Les hommes se sont ensuite dirigés sur Joué-lès-Tours où il y a eu de nouvelles tensions. Un fonctionnaire a été blessé en courant alors qu’il cherchait à disperser un attroupement. Il est tombé et a été touché au genou. En fin de soirée, autour de minuit, les véhicules se sont dirigés vers les Rives du Cher où deux poubelles et un véhicule ont été incendiés : « C’était un peu tendu mais il n’y avait pas de rassemblement » commente François Chazot.

Aucune interpellation n’a eu lieu durant ces deux soirées (mais 11 verbalisations). Les CRS ne seront plus là ce lundi soir. « On va voir comment ça se passe » expliquent les services de l’Etat qui affichent leur fermeté déclarant que « les mesures de confinement ne sont pas à géométrie variable. » Un discours qui préoccupe parmi les observateurs, certains critiquant une action policière beaucoup trop axée sur la répression et pas sur la prévention. On se souvient aussi de l’interpellation d’un jeune à la Rabaterie début avril qui a débouché sur une plainte pour violences policières et l’ouverture d’une enquête par l’IGPN.