Tours

[Chiffres du jour] 114 000 personnes en logement suroccupé : les difficultés du confinement en Centre-Val de Loire

Plusieurs familles sont à l’étroit.

Pour lutter contre le coronavirus, le gouvernement a restreint la liberté de circulation depuis le 17 mars et ça pose beaucoup de problème à des dizaines de milliers de personnes en Centre-Val de Loire. Notre région est en grande partie rurale ce qui fait qu’1,96 million de personnes vivent dans une maison individuelle, parfois avec jardin. 542 000 autres résident dans un appartement, soit environ 20% de la population d’après des chiffres de l’INSEE. Une partie d’entre elles n’a ni balcon, ni terrasse, ni jardin. Des facteurs qui peuvent rendre le confinement beaucoup plus difficile.

L’absence d’accès à un espace extérieur privatif n’est pas le seul inconvénient majeur en période de pandémie. L’INSEE relève ainsi que presque 114 000 personnes vivent dans un logement suroccupé en Centre-Val de Loire, c’est-à-dire un appartement ou une maison qui n’a pas assez de pièces pour abriter tout le monde dans des conditions décentes (par exemple une pièce par enfant ou une pièce pour deux enfants de même sexe, voire qui ont moins de 7 ans). Dans une étude dévoilée cette semaine, on apprend même qu’un peu plus de 3 000 résidents du Centre-Val de Loire habitent dans un logement qui ne comporte pas plus de 2 pièces et qui héberge au moins 4 personnes. Bref, promiscuité maximale.

L’Indre-et-Loire est le 3e département de la région avec la plus forte proportion de personnes dont le logement est suroccupé (2,5%), le chiffre atteignant 9% dans les quartiers les plus modestes.

Autres difficultés pour certaines franges de la population : la solitude. 410 000 habitantes et habitants du Centre-Val de Loire y sont confrontés au quotidien, près de 105 000 personnes âgées de plus de 75 ans (en particulier dans le Sud-Touraine ou le Chinonais) dont 75 000 qui occupent un appartement, la moitié n’ont pas de voiture. Plus de 30 000 bénéficiaires de l’Allocation Adulte Handicapé sont également seul(e) à domicile. Pour certains et certaines ça ne pose pas de problème car ce sont des gens autonomes… mais pour d’autres cela peut être plus compliqué. De plus, 10% des plus de 75 ans vivent sous le seuil de pauvreté d’après l’INSEE.

« Pour les personnes vivant en institution, le confinement, interdisant les visites et les activités communes, renforce fortement l’isolement et le sentiment d’abandon. Environ 30 000 personnes de plus de 60 ans vivent au sein de ces établissements dans la région » précise enfin l’INSEE.