Tours

[Ils l'ouvrent] Confinement en Touraine : des cyclistes agacés par les interdictions de la préfecture

Ils préparent par ailleurs un plan provisoire pour respecter la distanciation sociale sur la route.

L’activité physique reste autorisée dans le cadre du confinement mais pas plus d’une heure et surtout pas dans les parcs, les forêts, les chemins de randonnée ou au bord des cours d’eau. L’objectif est clair : interdire l’accès des lieux les plus agréables pour que l’on reste au maximum à la maison. Donc pas question d’aller flâner sur les rives de la Loire ou du Cher, et encore moins d’y faire du vélo.

Justement, cette disposition préfectorale et la pose de barrières dans certains endroits agace le Collectif Cycliste 37, la principale association de cyclistes en Indre-et-Loire. Dans un courrier rendu public ce week-end, elle demande à la préfecture d’autoriser l’accès de toutes les voies cyclables utilisables pour des trajets essentiels (pour aller au travail ou pour faire ses courses), et ce pour des raisons de sécurité. « C’est aberrant que l’on interdise ces axes-là et qu’on oriente les cyclistes vers les routes départementales. Certes elles sont moins fréquentées mais les voitures y roulent aussi vite que d’habitude… voire plus vite, même » s’inquiète David Selin pour le CC37.

Ce militant assidu pour le développement de l’usage du vélo reconnait qu’en ces temps confinés, peu de personnes sont réellement concernées par ces mesures d’interdiction. Il dénonce néanmoins « un mauvais message » : « Ce n’est pas parce que la préfecture est incapable de s’assurer que les gens ne vont pas se promener qu’il faut interdire ces endroits aux personnes qui les empruntent pour des motifs légitimes » complète David Selin.

Des pistes cyclables temporaires le temps du déconfinement ?

En parallèle, le Collectif Cycliste 37 est en train de réfléchir à la création d’itinéraires cyclables temporaires pour la période de déconfinement. En clair des pistes cyclables qui remplacent des voies de circulation pour voitures ou des places de stationnement, afin d’éviter que les vélos soient trop proches des piétons en cette période où la distanciation sociale devient la règle pour éviter d’attraper le Covid-19.

« La semaine prochaine on sera en mesure de présenter du contenu aux collectivités » nous dit David Selin. Parmi les axes qui pourraient être concernés : les grands boulevards avec 2x2 voies pour les voitures ou des ponts aux trottoirs étroits comme le Pont St Sauveur (vers les Deux-Lions) et le Pont d’Arcole (du côté d’Ikea). L’Agence d’Urbanisme de Tours Métropole (l’ATU) a également été missionnée pour travailler sur ce thème, déjà pris en compte dans plusieurs autres grandes villes de France (Paris, Grenoble, Lyon, Montpellier…). Ces itinéraires cyclables temporaires pourraient être séparés du reste de la route par des plots ou des barrières de chantier, faciles à installer puis à retirer.

De nouvelles habitudes durables ?

Avec une telle mesure, le Collectif Cycliste 37 espère encourager le développement du vélo et de la marche plutôt que la voiture, par exemple pour des personnes frileuses à l’idée de reprendre les transports en commun après le confinement ou d’autres réticentes à l’idée de pratiquer le covoiturage. Pour assurer sa réussite, il propose également un dispositif d’aide à l’achat de vélos, de bons de révisions gratuits ou la création de dispositifs pour favoriser le don ou le prêt de cycles non utilisés.

Enfin, l’association a une petite idée derrière la tête : et pourquoi pas favoriser de nouvelles habitudes, au-delà du déconfinement ? « Bien sûr que si ça fonctionne on pourrait envisager des aménagements plus durables » suggère David Selin. Sachant que ça fait longtemps que la structure demande une réduction de la place de la voiture en ville.