Tours

Confinement à Tours : la vie de quartier continue à Beaujardin

Le quotidien s’est adapté à la période.

Le courrier s’accumule sous la porte de la boulangerie, mais ça n’a rien à voir avec le coronavirus : la boutique était déjà fermée depuis plusieurs mois. A quelques encablures, la nouvelle crèche Leccia a été stoppée dans son élan après quelques mois de vie. Le restaurant et le bar de la place ont baissé le rideau, il n’y a plus de ciseaux en action chez les trois coiffeurs des environs, tandis que l'opticien fait partie des quatre de la profession dans le département à rester ouvert pour les urgences (sur rendez-vous). Le parc reste portes closes et l’herbe pousse. Les enfants n’ont plus le droit d’utiliser les jeux.

Cette description vaut pour le quartier Beaujardin de Tours, coincé entre les voies ferrées, la Rue Edouard Vaillant et le Boulevard Wagner. Déjà tranquille en temps normal, ce coin de la ville que beaucoup comparent à un village a encore gagné en calme. La circulation a fortement baissé, le chant des oiseaux résonne toute la journée.

Naturellement, il y a du monde au supermarché du coin. La pharmacie poursuit également ses activités. Le petit marché du mercredi – pourtant de taille modeste – a bizarrement été interdit mais celui du samedi est toujours là. Simplement il s’adapte chaque semaine pour le respect des gestes barrières. L’espace bio s’étend désormais sur tout un côté de la place, et l’autre partie déborde sur le terrain de pétanque pour caser tous les étals. Dès 7h30-7h45 des queues se forment alors même que les commerçants n’ont pas encore déballé. Certains reviennent après plusieurs semaines d’absence comme le poissonnier normand ou le boulanger de Veigné. Le fromager s’est éclipsé, le producteur de fraises n’a pas encore eu la possibilité de passer une tête dans le coin.

La population de Beaujardin est familiale, avec une moyenne d’âge assez élevée. On se connait, on se salue, on participe aux activités. Mais cette année, il n’y a pas eu de chasse aux œufs dans le jardin pour Pâques. Interdite à cause du confinement alors qu’elle réunit en générale une centaine de personnes. Globalement le Comité de Quartier est à l’arrêt et renonce à sa fête du 13 juin. Contactée, sa vice-présidente espère bien qu’elle pourra autoriser le vide-grenier du mois de septembre.

Pour maintenir le lien social, les habitués des activités jeux ou patchwork se téléphonent pour prendre des nouvelles. Quelques masques ont été distribués, fabriqués depuis les maisons ou les appartements avant que l’association ne se tourne vers le CCAS qui coordonne les différentes initiatives partout dans la ville. Déjà une bonne centaine de protections réalisées et ce n’est que le début. La solidarité se fait discrète mais elle est toujours là.