Tours

Coronavirus : « L’histoire est loin d’être finie » prévient le CHU de Tours

Et ce même après le 11 mai.

Depuis le début de la crise du coronavirus l’hôpital de Tours fait environ un point tous les 15 jours sur la situation dans ses services. « Nous avons su démontrer une capacité d’organisation et d’adaptation » assure la directrice Marie-Noëlle Gérain-Breuzard avec deux mois d’expérience. « On atteint un plateau de l’activité mais nous ne sommes pas en décrue » poursuit-elle malgré des chiffres encourageants : 37 lits de réanimation occupés ce mercredi dans les services du CHU, 134 personnes hospitalisées pour une infection au Covid-19.

Alors que le président de la République a annoncé un déconfinement progressif envisageable à partir du 11 mai, le Professeur Frédéric Patat prévient :

« L’histoire est loin d’être finie. Pour nous il ne s’agit pas d’un marqueur de fin. Il faudra garder les mesures d’hygiène et de distanciation sociale. C’est seulement à ce prix-là qu’on s’en tirera et qu’on ne redémarrera pas avec une autre explosion de cas de ce virus qui est bien plus contagieux que la grippe saisonnière d’autant que l’on ne sait pas combien de temps les personnes infectées conservent une immunité protectrice. »

Les soignants baignent dans l’inconnu, apprennent au fil des jours sur cette maladie. Le CHU est ainsi engagé dans plusieurs études de traitements mais aussi sur les symptômes, par exemple est-ce que certaines lésions des poumons sont spécifiques au Covid-19 par rapport à celles causées par d’autres maladies. Au passage, notons ce chiffre : 179 personnes sont sorties guéries de Trousseau ou Bretonneau depuis le début de l’épidémie. Des patients tourangeaux, mais aussi originaires d’autres départements.

Quant à la réanimation, le service a vu passer 273 personnes, dont 10% qui sont décédées. Une proportion plus basse que la moyenne nationale (1 décès pour 4 patients placés sous respirateur artificiel).

Cela dit, il n’y a pas que le coronavirus à l’hôpital. En ce moment, la direction s’inquiète de la baisse des passages aux urgences « par peur de la contamination ou pour ne pas déranger » suppose Marie-Noëlle Gérain-Breuzard. La crainte : « Voir arriver des patients qui n’auraient pas vu leur état se dégrader s’ils avaient pu être pris en charge plus tôt. » Le nombre de cas d’AVC ou d’infarctus est en forte baisse, et cela pose question : « Surprenant et incompréhensible » selon le Pr Patat. « Il faut que les gens se soignent » dit la directrice.