Tours

[En vitrine] « Un coup de pouce qui fait chaud au cœur » : le site web pour sauver les petits commerces tourangeaux

On y achète des bons d’achat à utiliser après le confinement.

« Mon commerce est à l’arrêt mais je ne perds pas espoir. » C’est Julie Chevallier qui parle, la responsable de la boutique Chapellerie Brun située à Tours, Place du Grand Marché. Un magasin historique, ouvert en 1902. Il fait travailler deux personnes mais on n’y vend aucun produit de première nécessité. Depuis le soir du 14 mars il doit donc rester fermé, jusqu’à nouvel ordre :

« D’habitude le quartier est tellement sympa, vivant, on se connait tous. Là, c’est tristounet. Ça fait bizarre parce qu’habituellement on est toujours dans le mouvement. Et le problème c’est qu’on ne sait pas quand ça va repartir. »

Pour conjurer le sort, la commerçante maintient un certain rythme : « Je me lève à la même heure que d’habitude et je viens à la boutique tous les jours. Je me suis donné un petit coup de pied aux fesses pour créer mon site Internet de ecommerce. Ça ne va pas tout résoudre mais au moins j’ai le temps et la fierté de le faire moi-même. J’en ai aussi profité pour nettoyer mon atelier, la boutique, ma maison… Ça fait trois semaines et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai encore de quoi m’occuper quelques temps. »

Julie Chevallier travaille mais elle se trouve privée de revenus : « J’ai un peu de trésorerie, ça va me faire un mois et demi, c’est tout. » Un mois et demi, c’est sans doute la durée minimum du confinement. Et même après la levée des restrictions les plus strictes, pas sûr que l’achat de chapeaux soit la priorité de la clientèle :

« Je ne suis pas pessimiste. Je vis au jour le jour, sans faire de plans sur la comète. De toute façon il faudra bien que ça reparte ! »

En attendant, la responsable de la Chapellerie Brun appelle les clients à l’aider via le site www.soutien-commercants-artisans.fr. L’idée est simple, similaire à celle des cartes cadeau qu’on offre à Noël ou lors d’un anniversaire : on achète un bon d’achat en ligne et on l’utilise plus tard, une fois le commerce rouvert. « Je dis aux gens si vous voulez m’aider, c’est maintenant ! J’ai déjà vendu 6-7 bons. Comme c’est de l’argent que l’on touche tout de suite, ça me permet de payer des charges que je ne peux pas arrêter. Un petit coup de pouce qui fait chaud au cœur. »

Le site fonctionne dans toute la France, n’importe quel commerce indépendant peut donc le rejoindre. En Indre-et-Loire on en compte déjà une demi-douzaine : Fleurenplume (déco) ou Queen & King (confiserie) font partie de la liste, mais aussi le salon de tatouage A l’Encre d’M de Chambourg-sur-Indre. « Je trouve l’idée intéressante. Cela me permettra de connaître le nom de certains clients habitués que j’ignorais. J’ai hâte de pouvoir les remercier en vrai » commente Julie Chevallier, qui n’a pas l’intention de se laisser abattre par cette crise : « J’ai encore plein de projets ! »

Olivier Collet