Tours

A Tours, qui prend soin des jardins et des animaux pendant le confinement ?

La ville a organisé un service minimum.

La décision a été prise très rapidement après le début du confinement : fermer les parcs et jardins de la ville de Tours pour y éviter des regroupements dans une période où il faut limiter les déplacements pour ralentir la progression du coronavirus. « Dans l’ensemble ce n’est pas trop mal respecté même si on a eu quelques soucis Place de Strasbourg, où nous avons un parc ouvert. Il est tentant d’y sortir avec les enfants quand il fait beau » résume Myriam Le Souëf, l’adjointe au maire en charge des parcs et jardins.

Plus personne dans les parcs, ou presque. Néanmoins, il faut poursuivre un minimum d’entretien. « On est au ralenti. Le service compte 225 agents y compris ceux des bureaux, seuls quelques-uns sont encore mobilisés » explique la directrice, Laurence Chapacou.

Les animaux :

« Nous en avons une centaine au Botanique, sur l’Île Balzac, au Bois des Hâtes, au Parc de Ste Radegonde ou en éco-pâturage au bord du Cher » rappelle Myriam Le Souëf. Ça va des moutons aux wallabys en passant par les chèvres. « 2 personnes viennent les nourrir par roulement et s’occupent du nettoyage des enclos » détaille Laurence Chapacou. Avantage de la situation : « Ils ne sont pas nourris par les visiteurs et respectent scrupuleusement leur régime alimentaire. Une bonne occasion de rappeler qu’il ne faut pas leur donner de pain. » Un vétérinaire peut également intervenir si nécessaire. Quant aux canards, « ce sont des animaux sauvages donc ils sont libres de leurs mouvements. Certaines personnes nous appellent pour nous dire qu’ils s’échappent aux Prébendes mais non, ils sont libres de voler où ils veulent et se débrouillent seuls pour leur nourriture. »

L’entretien des végétaux :

« Nous avons réduit l’arrosage des serres de collection du Botanique et des serres de plantations municipales au Bois des Hâtes. Un agent vient par roulement. C’est un service minimum pour ne pas perdre le patrimoine » indique Laurence Chapacou. Parmi les enjeux : préserver les plus de 10 000 chrysanthèmes qui viendront fleurir la ville en fin d’année. « Depuis quelques jours nous faisons également sortir quelques jardiniers pour arroser les 1 000 arbres et 3 000 arbustes plantés récemment. Ils y vont sur une demi-journée ou une journée, un par voiture et par site. Un passage a été organisé la semaine dernière. La pluie de ce lundi nous aide un peu, on verra donc plus tard s’il y a de nouveaux besoins » poursuit la directrice du service parcs et jardins.

Concernant les pelouses, « il n’y a aucune tonte, aucun désherbage. Les massifs se débrouillent tous seuls, heureusement il fait encore froid la nuit donc ils ne se comportement pas si mal : les fleurs sont moins belles mais ne meurent pas. Les tulipes et jonquilles tiennent toutes seules. Le gazon pousse tranquillement, on découvre même des petites plantes comme des marguerites qu’on ne voit pas habituellement à cause de la tonte » poursuit Laurence Chapacou. A la fin du printemps les massifs seront de toute façon arrachés puis remplacés par les plantes estivales. Quant aux ronds-points, « ils sont de plus en plus souvent arborés avec des plantes méditerranéennes qui ont moins besoin d’eau. Certains sont également équipés d’arrosage automatique » note Myriam Le Souëf.

Les fontaines :

« On les a coupées, sauf celle du quartier des Fontaines pour des raisons techniques » nous précise Laurence Chapacou. Problème : au bout de deux semaines, « l’eau verdissait car la dose de chlore s’est évaporée. Nous avons donc décidé de vider les bassins. Deux agents se sont répartis pour le faire. » Une fois le confinement levé, les fontaines repartiront après un bon nettoyage.

Après le confinement :

« On demande au public d’être plus tolérant. La remise en état se fera progressivement, tout dépendra de la manière donc le déconfinement s’organisera » prévient la directrice du service parcs et jardins à la ville de Tours. « Nous allons revoit certaines choses. Par exemple nous envisageons la plantation d’un massif bleu-blanc-rouge Place Jean Jaurès » complète l’élue Myriam Le Souëf. Initialement imaginé pour un 14 juillet, il marquerait donc la fin d’une épreuve nationale collective.

Olivier Collet