Tours

2 cas confirmés, activités visio avec la famille : les EHPAD de Tours face au coronavirus

Les maisons de retraite médicalisées s’adaptent pour gérer l’épidémie.

C’était le 13 mars, 3 jours avant qu’Emmanuel Macron décrète le confinement pour toute la France : les 4 EHPAD de la ville de Tours interdisaient toutes les visites extérieures, notamment les familles. Depuis le 27 mars, les résidents sont confinés dans leurs chambres. Le Centre Communal d’Action Sociale qui gère ces maisons de retraite médicalisées sait bien que les personnes âgées qui y vivent sont particulièrement vulnérables face au coronavirus. Cela dit, pour l’instant, l’épidémie semble contenue : « Nous avons recensé 2 cas sur un même étage de la résidence Varennes de Loire et un 3e test est en cours » indiquait ce jeudi Marion Nicolay-Cabanne, la 1ère adjointe de la ville et présidente du CCAS.

Pour éviter tout risque de transmission, le personnel est assigné à un étage et n’intervient pas ailleurs. Fini par exemple les va et vient d’agents entre différents établissements. 250 personnes s’affairent dans les EHPAD de Tours tout au long de l’année : « Certaines sont confinées chez elles et arrêtées parce qu’il y a des suspicions de cas de Covid dans leur entourage. Pour les remplacer nous avons une trentaine d’agents de la mairie qui viennent donner un coup de main pour le ménage ou pour les soins quand il s’agit d’auxiliaires de puériculture ou d’infirmières qui peuvent le faire. Nous avons aussi quelques cuisiniers qui viennent en renfort dans les établissements car la cuisine centrale est fermée » détaille Marion Nicolay-Cabanne. Les repas sont pris dans les chambres, sauf pour certaines personnes qui ont des difficultés à manger. Elles déjeunent ou dînent toujours au réfectoire, mais bien espacées.

Du personnel réfléchit à dormir sur place

Sur la question épineuse des masques, la 1ère adjointe de la ville assure que pour l’instant il y a ce qu’il faut « grâce à notre stock », mais elle espère être réapprovisionnée rapidement via l’Agence Régionale de Santé ou le Conseil Départemental. Seuls les équipes de l’étage infecté de Varennes de Loire utilisent des masques FFP2 qui garantissent une protection maximale. A terme, la municipalité envisage de tester tout le personnel des EHPAD pour voir s’il y a des porteurs du virus sans symptômes. La question de confiner les agents sur place s’est posée : « c’est une réflexion qu’ils ont mais on ne peut pas leur imposer » souligne la directrice du CCAS. En revanche ceux qui ne souhaitent pas rentrer chez eux – ou qui ne peuvent pas faute de transports en commun – ont la possibilité de dormir à l’hôtel, aux frais de la ville. Cela concerne une dizaine de salariés.

Parmi toutes les mesures prises en cette période de crise inédite, il ne faut pas oublier la fin des activités pour les résidents. « Pour qu’ils gardent un contact avec l’extérieur on a une animatrice par établissement qui passe dans les chambres pour leur proposer des appels visio avec les familles, en plus des contacts téléphoniques » décrit Marion Nicolay-Cabanne. Les jukebox sur roulettes des EHPAD municipaux fonctionnent également à plein régime.

 

A noter que pour ses résidences séniors, la ville a choisi de désactiver les badges d’entrée afin de filtrer les allées et venues, notamment parce que quelques familles venaient visiter leurs proches malgré le confinement. Aucun cas de coronavirus n’a été détecté dans les bâtiments. Enfin les autres services du CCAS continuent d’être assurés, dont une distribution alimentaire par La Poste. Le foyer Paul Bert est ouverte 24h/24 pour les sans abris avec es animations en journée pour occuper les résidents.