Tours

L’aide aux plus démunis de Touraine pendant le confinement : « On fait au mieux… »

Les associations caritatives ont repensé leur fonctionnement.

Sur Facebook, La Table de Jeanne-Marie documente son quotidien. L’association qui distribue des repas aux plus démunis de Tours depuis le quartier Febvotte maintient son activité malgré le confinement et la crise du coronavirus : règles d’hygiène, repas fournis aux personnes hébergées au gymnase Racault… Ses pratiques ont évolué mais l’objectif reste le même, c’est-à-dire venir en aide au plus grand nombre. Pour y arriver, les bénévoles ont reçu des dons de masques ou de gel hydroalcoolique. Des produits d’hygiène, aussi.

Non loin de là, les Restos du Cœur ont dû fermer leur centre de distribution de Febvotte : trop exigu pour respecter les gestes barrières. Alors la ville de Tours a mis à disposition d’autres locaux du côté du Champ Girault, ils seront opérationnels lundi 6 avril avec des distributions les lundis, mercredis et vendredis. « Nos 20 autres centres fonctionnement normalement » précise le président tourangeau de l’association, Michel Flamé. Cela dit, les distributions se font à la porte avec la remise de sacs de provisions, plutôt que de repas complets. « On ne manque pas de produits nous avons même de quoi en distribuer pour les maraudes ou la Croix Rouge » se félicite le responsable qui a également réussi à former des équipes de bénévoles, malgré l’absence des habitués de plus de 70 ans, confinés par précaution vu la situation. « On a des gens au chômage technique, des enseignants, des étudiants… »

Des livraisons à domicile pour les personnes confinées

En avril, les Restos du Cœur d’Indre-et-Loire distribuent habituellement 30 à 35 000 repas par semaine. En ce moment, c’est plutôt 15 000 : « on voit moitié moins de gens. Certaines personnes âgées ne viennent pas, il y a aussi des étudiants qui sont repartis dans leurs familles » détaille Michel Flamé. En revanche, l’association accueille les bénéficiaires d’autres structures fermées, ou de nouvelles personnes qui se présentent spontanément. « Si des gens ne peuvent pas venir ils ont également la possibilité d’envoyer quelqu’un », et à Nazelles-Négron l’équipe locale assure du portage à domicile.

La livraison, un service également proposé par le Secours Populaire du Castelrenaudais. Quand on l’appelle, David Bessault prépare les colis à répartir ce vendredi. Le responsable local de l’association revient tout juste d’une ferme où il a récupéré 600 oeufs :

« On a recensé toutes les personnes qui avaient des besoins, soit de colis alimentaires, soit qu’on les aide à faire leurs courses. On leur apporte tout chez elles en prenant toutes les précautions. Celles qu’on connait on les appelle toutes les semaines pour prendre de leurs nouvelles. Et on continuer après le confinement parce qu’on voit qu’il y a un réel besoin. »

Pour limiter les risques, Le Secours Populaire de Château-Renault fonctionne en effectif réduit : 4-5 bénévoles au lieu d’une dizaine. Il a aussi fallu bricoler des équipements de protection comme des masques avec du sopalin ou des gants achetés en supermarché. « On fait au mieux, on arrive à s’en sortir » note David Bessault qui s’est également rapproché des mairies pour rassembler les demandes. Une collecte a été lancée sur Internet pour rassembler des dons.

Maintenir une aide coûte que coûte, jusqu’en zone rurale c’est le principal enjeu du moment. A la Banque Alimentaire de Touraine, le président Dominique Cochard relève que plusieurs structures ont cessé leur activité, faute de bénévoles ou par mesure de précaution. De son côté, il y a les effectifs nécessaires soit 20-25 personnes par jour avec désormais 2 individus par camion au lieu de 3 pour respecter les distances de sécurité. « La ramasse dans les magasins a baissé mais nous avons pu récupérer de grosses quantités dans les collèges ou les restaurants d’entreprises fermés. Nos frigos sont souvent pleins » indique-t-il depuis les locaux de la structure à Saint-Pierre-des-Corps. « Malgré ça on sait qu’un nombre important de personnes n’ont pas suffisamment de nourriture. » L’Etat a donc été sollicité pour pallier les manques. Des colis avec à manger pour 7 jours sans produits frais ont notamment été fournis à des étudiants en résidence universitaire.

Olivier Collet