Tours

En plein confinement, la foire aux dépôts sauvages

La situation rentre progressivement dans l’ordre.

Quartier Beaujardin à Tours… On découvre des habits déposés à la porte d’une association malgré un écriteau qui informe de sa fermeture. Un peu plus loin d’autres vêtements ont échoué au pied d’un point d’apport volontaire destiné au verre. Une lectrice du centre-ville nous informe qu’elle a rarement vu autant de crottes de chiens abandonnées qu’en ce moment. Une habitante des Prébendes s’amuse de voir les canards sortir du parc, mais s’inquiète de découvrir des rats en balade dans le quartier. A Chouzé-sur-Loire, la mairie de cette commune de l'Ouest-Touraine s’est publiquement insurgée d’un dépôt sauvage en pleine nature.

Après 15 jours de confinement pour lutter contre le coronavirus, on découvre deux types de photos marquantes à Tours (ou ailleurs dans le département) : des lieux de vie habituellement bondés devenus déserts… et des images de déchets éparpillés dehors.

L’arrêt des collectes d’encombrants et la fermeture des déchetteries semblent avoir convaincu plusieurs personnes de déposer immédiatement ce qu’elles avaient en trop chez elles, parce que de toute façon quelqu’un finira bien par le ramasser. On a aussi reçu des mails et vu des commentaires de personnes un peu outrées d’apprendre qu’elles devaient stocker quelques temps leurs déchets recyclables car Tours Métropole a suspendu leurs collectes pendant 15 jours avant de les reprendre lundi 30 mars. « Ça fait du bien » commente-t-on d’ailleurs dans les services de l’agglomération, même si tout ne peut pas se régler d’un coup car les effectifs sont réduits (80% par rapport à une période normale).

Le souci c’est surtout au niveau des points d’apport volontaire : « en respectant les gestes barrières le risque est très limité mais les usagers ne veulent pas toucher aux trappes d’introduction de peur d’être contaminés donc ils laissent tout à l’extérieur » témoigne Alexandre Travers, qui travaille à la coordination des collectes de déchets pour la Métropole.

« On fait de la prévention pour l’instant mais peu de sanctions car vu la situation les policiers municipaux ne peuvent pas fouiller les poubelles pour trouver des éléments afin d’identifier les responsables » explique pour sa part Olivier Lebreton, adjoint au maire de Tours en charge de la sécurité.

Pour éviter que la ville ne se transforme en dépotoir, et qu’on voit encore plus de papiers voler et se disperser au moindre coup de vent comme en début de semaine, la Métropole a créé une équipe mobile chargée de traiter les cas les plus délicats. Elle demande également de ne plus laisser les bacs sortis toute la semaine sur les trottoirs, de les sortir seulement la veille du passage des éboueurs (le calendrier est disponible sur www.tours-metropole.fr). « Il y a des incivilités mais ça reste limité » assure Alexandre Travers, évoquant notamment les dépôts observés dans les quartiers à forte concentration d’habitants. En cas d’urgence, vous pouvez informer d’un dépôt sauvage en appelant le 02 47 80 12 12.

Pour le reste, il faut en appeler au civisme…

La préfecture rappelle également que brûler des déchets est strictement interdit.