Tours

Coronavirus : le transfert de patients extérieurs continue au CHU de Tours (et en clinique)

Malgré quelques difficultés.

Ce mardi 31 mars le CHU tourangeau faisait le point sur son organisation pour gérer l’épidémie de coronavirus Covid-19. Une centaine de malades sont actuellement hospitalisés, dont une grosse trentaine en réanimation. Parmi eux, plusieurs ne sont pas originaires de Touraine. Explication : l’hôpital de Tours est le seul établissement universitaire de la région Centre-Val de Loire, c’est-à-dire celui avec le plus de capacités d’accueil et de professionnels. Il peut donc être mis à contribution pour décharger d’autres sites engorgés. Et c’est ce qui s’est passé : « Tours a reçu 35 patients de Dreux, Chartres ou Châteauroux » explique le Professeur Pierre-François Lequin.

Il faut savoir aussi que le CHU de Tours est le point central des tests de cas suspects pour la Touraine, l’Indre et le Loir-et-Cher. Il en réalise désormais 200 par jour, 4 fois plus qu’au départ (28,5% des prélèvements sont positifs).

Organisé en lien avec l’Agence Régionale de Santé, le transfert de patients se fait souvent par hélicoptère : « Nous avons une garde régionale en place de 8h à 20h voire jusqu’à 22h » détaille le Professeur Said Laribi qui coordonne le dispositif. 3 ou 4 ambulances sont également réservées, exclusivement pour diriger des malades d’un hôpital vers un autre, y compris d’un établissement public vers un site privé, ou alors de Bretonneau à Trousseau en ce qui concerne le CHU de Tours.

2 patients franciliens accueillis en Touraine ce mercredi

Actuellement, le dispositif spécial Covid du CHU de Tours n’affiche pas complet mais il se remplit rapidement, et doit régulièrement augmenter sa capacité. « Une tranche de 9 lits a été remplie en 48h, une autre de 10 lits également remplie ce week-end » explique le Pr Dequin, qui précise tout de même qu’il y a « aussi des bonnes nouvelles, avec 4-5 patients extubés récemment. »

En prenant compte tous ces paramètres, l’hôpital peut potentiellement accueillir des patients extérieurs. En priorité venus d’autres départements du Centre-Val de Loire (les plus touchés sont le Loiret et l’Eure-et-Loir) puis ceux d’autres régions. Dans le week-end, 12 patients franciliens sont arrivés car la région parisienne voit ses capacités de soins débordées. 2 autres personnes devraient arriver ce mercredi, mais elles seront dirigées vers la clinique de l’Alliance (Nouvelle Clinique de Tours Plus) à Saint-Cyr-sur-Loire. Cet établissement est considéré comme en 2e ligne pour recevoir des personnes malades, en réanimation ou pas (idem pour la clinique Vinci de Chambray).

Des patients de Reims acceptés par le CHU… puis refusés

L’hôpital de Tours est-il également amené à recevoir des patients du Grand-Est, autre région très touchée par la maladie qui a envoyé des personnes en Nouvelle-Aquitaine, dans les Pays de la Loire voire en Allemagne. Pour l’instant non… mais ça a failli : « On avait accepté des patients de Reims mais on nous a dit non au dernier moment » déplore le Professeur Louis Bernard qui dirige le service des maladies infectieuses. « Mes collègues que je connais bien demandaient de l’aide et on n’a pas pu leur répondre favorablement. Je ne devrais pas le dire mais je ne peux pas rester silencieux » a-t-il souligné lors d’une conférence de presse.

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« Il faut arriver à faire un bon dosage entre l’accueil de patients extrarégionaux et nos missions au sein de la région » lui répond la directrice du CHU Marie-Noëlle Gérain-Breuzard. Sa crainte : que l’établissement n’arrive pas à gérer un afflux massif de patients qui arriveraient de façon subite.

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