Tours

Confinement à Tours : fête d’anniversaire, gym et blind test… Les bonnes idées d’une résidence séniors

Pas facile d’entretenir le lien social tout en luttant contre le coronavirus.

« Nous en sommes à notre 13e jour de confinement total » décrit Christine Milon. La directrice de la résidence services Bocage de Tours a dû adapter son fonctionnement pour respecter les mesures nationales de lutte contre le coronavirus. Fini les cours de sophrologie, yoga ou chi-gong, arrêt des apéros entre voisins, pas de visites des familles… Pas facile à vivre pour les 195 personnes âgées qui résident dans les 6 bâtiments du parc, des retraités entre 70 et 104 ans (moyenne d’âge de 90 ans) :

« Ce sont des personnes pour qui le lien social est important. On sent qu’il y a un besoin. Elles ne sont pas malheureuses mais ça leur manque »

Alors l’équipe tente d’égayer le quotidien via le système D. Jeudi 26 mars, la directrice a fêté un anniversaire en musique depuis la cour, invitant tout le monde à danser sur les balcons. Une scène immortalisée par une voisine émue : « Il y avait une banderole, ça chantait, ça dansait. J’ai trouvé ça très touchant » nous raconte-t-elle.

 

La vidéo transmise par Carine, voisine du Bocage à Tours.

Christine Milon nous en dit plus : « Habituellement nous organisons une réception dans les salons. On ne peut plus le faire donc on leur livre un gâteau et une coupe de pétillant. » Ce n’est pas tout : depuis ce lundi, la directrice a mis en place « un réveil musculaire » qui devrait être renouvelé deux fois par semaine. Même principe que pour l’anniversaire : elle se place en bas de l’immeuble et invite tout le monde à bouger sur son balcon. Pour le 1er avril ce mercredi, « nous allons livrer des petits chocolats et je vais propose un quiz musical sur les balcons. Et comme il y a 6 bâtiments, je dois le faire 6 fois. » Une gazette est également distribuée aux résidents avec des jeux type mots fléchés. Des jeux de cartes ou des livres sont apportés directement à domicile : « La télé c’est bien, mais on voit qu’ils ont aussi besoin d’autre chose. »

L’apport de ces petits plus est facilité par un équipement présent dans chaque appartement : un passe-plat qui évite les contacts directs, et donc la transmission du virus. « Ils ont été installés il y a 45 ans. On se demandait pourquoi mais maintenant on sait et on trouve ça génial ! » s’amuse la directrice. La salle de restaurant qui totalisait 300 couverts par jour est fermée, les repas sont donc livrés à domicile, y compris le petit déjeuner si nécessaire.

« Nous maintenons les services » insiste Christine Milon, même si certaines prestations ont été adaptées (30 minutes de ménage par semaine au lieu d’1h). Surtout, le fonctionnement du site ne se fait pas sans difficultés :

« On a des gants et des surchaussures pour rentrer dans les appartements… On a réussi à avoir du gel hydroalcoolique mais malgré nos alertes à l’Agence Régionale de Santé, à la préfecture et à la mairie on s’est retrouvé sans masques. Nous ne sommes pas écoutés car en tant que résidence séniors on ne rentre pas dans la case des EHPAD (les maisons de retraite médicalisées, ndlr). Heureusement une pharmacie nous en a donnés : on va pouvoir tenir 3-4 jours. Des couturières nous ont également fabriqué des masques lavables en tissu. »

Sur 43 salariés au Bocage, on en comptait 12 sur place aujourd’hui. Christine Milon détaille le fonctionnement de la structure : 

« L’association a créé un comité de pilotage. Pour l’instant on n’a pas recensé de cas mais on a un plan en cas de besoin. Nos équipes ont été coupées en 3 et tournent tous les 6 jours. Nous disposons également d’une équipe de réservistes et une 4e liste avec des bénévoles. Enfin, si nécessaire, il y a 13 chambres qui peuvent accueillir le personnel. »

L’équipe travaille enfin à la facilitation des communications visio pour les résidents qui ressentent le besoin de voir leurs proches. Une trentaine de foyers sont déjà équipés d’ordinateurs ou de tablettes.