Tours

[Coup de pouce] En plein confinement, des initiatives pour les routiers qui traversent la Touraine

Hôtel ouvert ou machine à café à disposition.

[Coup de pouce] c’est notre rubrique pour recenser et encourager des initiatives tourangelles qui méritent d’être diffusées. N’hésitez pas à faire connaître la vôtre en nous contactant !

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#OnRoulePourVous : c’est le mot-dièse lancé par une organisation syndicale de chauffeurs routiers. Depuis quelques jours, et à juste titre, on parle énormément de l’engagement sans limites des personnels de santé pour lutter contre le Covid-19. Parmi les personnels mobilisés pour faire tourner le pays en ces temps de crise on peut également citer les routiers, chargés de réapprovisionner les supermarchés, voire amenés à convoyer les masques ou gels hydroalcooliques vers les établissements de santé. Certaines de leurs entreprises ont réduit leur activité mais d’autres tournent à plein régime.

Problème : depuis le début du confinement, leur quotidien est loin d’être simple. Ils sont quasiment seuls sur les autoroutes mais les aires de service dans lesquelles ils peuvent habituellement se restaurer et faire des courses sont fermées ou en service minimum. Aller aux toilettes ou prendre une douche peut également s’avérer compliqué (locaux sales ce qui inquiète en période de pandémie, accès aux sanitaires refusé dans certains lieux…). Surtout, la plupart des conducteurs n’ont pas de masques ni de gel hydroalcoolique.

Néanmoins, avec le temps, les choses semblent évoluer. Pauline Martin est référente régionale de la FNTR, la Fédération Nationale du Transport Routier :

« La situation s’est améliorée ces derniers jours, notamment après un arrêté qui impose la mise à disposition d’eau, de savon, de gel hydroalcoolique ou d’accès à des sanitaires sur les points de chargement. C’est un gros plus, il y a eu une prise de conscience, des choses se mettent en place. »

Pour aider les transporteurs, l’Etat a mis en ligne deux cartes afin de répertorier facilement les étapes possibles sur le réseau national (pour des services ou de la mécanique). En parallèle, la solidarité s’organise un peu partout, et notamment dans notre région traversée par de très nombreux convois sur les autoroutes A10, A85, A28… Tout comme sur les grands axes interdépartementaux (la levée de la Loire, la D943 Tours-Loches-Châteauroux, l’ex Nationale 10…).

Habituée à recevoir des routiers au quotidien, l’entreprise DGF Touraine de Tours y va de son petit coup de pouce aux camionneurs. Un réceptionniste – Romain – a amené sa propre machine à café pour servir à boire aux convoyeurs de marchandises, le tout gratuitement. Cela remplace le distributeur de l’entreprise, inaccessible en raison de l’épidémie. Geste modeste, mais appréciable et apprécié. « Les chauffeurs sont confrontés à beaucoup de travail pour ravitailler les entreprises et sont pénalisés par la fermeture de routiers ou de bars. Un joli geste de grande classe que l’on a bien besoin de partager tous ensemble en ces moments difficiles pour tout le monde » commente l’entreprise sur ses réseaux sociaux.

Un autre exemple à Château-Renault où Sophie Basile garde son hôtel Le Lurton ouvert pour les accueillir le temps d’une douche gratuite :

« On se dit que s’ils ont besoin, on est prêt à le faire, ainsi que pour le personnel soignant. D’habitude nous ne recevons pas de chauffeurs car nous sommes en centre-ville et ce n’est pas facile d’accès pour eux. Mais là ils ont la possibilité de se garer pas très loin et de venir à pied. »

Autour d’elle sur la D952 (Blois-Amboise), ou la D978 (Saint-Aignan / Selles-sur-Cher) plusieurs entreprises proposent le même type de coup de pouce (par exemple un centre de service auto). Des coups de pouce qui se diffusent sur les réseaux sociaux, à grands renforts de partages et de commentaires élogieux pour remercier les professionnels.

Est-ce que ça prend ? Quand on l’a appelée ce lundi, l’hôtelière tourangelle n’avait pas encore été sollicitée mais elle se tenait prête : « Peut-être qu’ils n’osent pas demander… » supposait-elle. En attendant, elle rénove en partie son établissement – une affaire familiale avec 6 salariés – et se plonge dans l’administratif avec une certaine appréhension. « On avait fait un bon mois de février et mars s’annonçait bien, on avait déjà sorti une fois la terrasse. Je ne suis pas inquiète pour la reprise car les gens auront envie de sortir et d’aller au restaurant mais nous risquons de manquer de trésorerie l’hiver prochain. On ne sait pas comment ça va se passer, tout le monde est dans le flou. »

Olivier Collet