Tours

Coronavirus : comment la ville de Tours se prépare à l’épidémie (au cas où)

Elle a édité toute une série de consignes.

La France se méfie très sérieusement de l’impact potentiel d’une épidémie de coronavirus, nouvelle maladie que l’on ne sait pas encore bien prendre en charge et dont le potentiel contagieux est élevé. Après la Chine, voilà que l’Italie du Nord est devenu un foyer assez actif, tout comme l’Iran. Lors d’un déplacement à l’hôpital parisien de la Pitié Salpêtrière ce jeudi matin à Paris, le président Emmanuel Macron a plaidé pour une communication maximale auprès de la population, alors que 2 décès sont déjà recensés sur le sol français.

La ville de Tours répercute le message présidentiel : le maire, son adjointe à la santé, sa première adjointe et son adjointe en charge de l’éducation ont organisé une conférence de presse ce jeudi après-midi. Voici ce qu’il faut en retenir :

« Pour l’instant tout va bien et il n’y a pas de mesures exceptionnelles dans la ville mais nous devons anticiper les retours de vacances d’hiver et la rentrée scolaire. Pour ça nous sommes tous sur le pont »

Le maire, Christophe Bouchet.

« Nous sommes dans une posture de prudence, une vigilance active »

L’adjoint à la santé Edouard de Germay, médecin dans le civil.

Ainsi, les agents de la ville de Tours ou de Tours Métropole qui se seraient rendu en Chine, en Corée du Sud, en Iran ou dans les régions italiennes avec des foyers de COVID-19 sont invitées à ne pas se présenter à leur travail pendant 14 jours après leur retour et à éviter autant que possible tout contact avec l’extérieur, ou alors de porter un masque. Leur absence au travail devra être signalée à la médecine du travail qui se chargera des démarches pour que leur indemnisation soit prise en charge par l’assurance maladie, moyennant la présentation d’un justificatif du voyage. La règle est exactement la même pour les enfants des écoles publiques ou privées qui auraient voyagé dans une zone à risque pendant les vacances scolaires : il n’est pas question de les envoyer à cours, réclame Edouard de Germay, « quel que soit leur état de santé. »

Le Conseil Départemental d’Indre-et-Loire a pris quasiment les mêmes mesures pour son personnel, à une différence près : ses agents revenant de zone à risque seront considérés comme travaillant à domicile, et non pas en arrêt de travail. Ils seront donc payés normalement. Ceux qui doivent garder leurs enfants à domicile parce qu’ils nécessitent un isolement pourront prendre un congé pour événement familial. Les agents qui reçoivent des usagers déclarant revenir de Chine ou d’Italie du Nord (ou de Corée, Macao…) leur remettront un masque.

Le rectorat d’Orléans-Tours qui chapeaute les profs demande lui aussi aux enseignants de la région partis dans un secteur où le virus sévit de rester chez eux 14 jours. Consigne identique aux élèves de tous niveaux.

Pour toute personne de retour de Chine ou d’Italie qui présenterait des syndromes grippaux (fièvre, fatigue, mal de tête), l’élu répète le message des autorités : pas de visite chez le médecin, pas de déplacement aux urgences mais uniquement un appel au SAMU (15) qui appliquera une procédure bien définie. Le CHU de Tours doit d’ailleurs communiquer son dispositif coronavirus ce vendredi matin. On sait déjà qu’il dispose de chambres équipées pour un isolement de personnes contagieuses, et qu’il réalise au quotidien plusieurs tests de cas suspects. Aucune de ces alertes n’a été confirmée.

Vigilance autour du Festival du Film Italien

Au moment de publier ces lignes, il n’est pas du tout question d’annuler le moindre événement public à Tours, ni de reporter les élections municipales dont le 1er tour est prévu le 15 mars.

Cela dit, la ville s’intéresse de près au Festival du Film Italien de la Cinémathèque de Tours qui débute la semaine prochaine, le 4 mars. Les projections de films italiens n’ont aucune raison d’être supprimées mais des vérifications sont faites autour des visites annoncées d’acteurs ou réalisateurs italiens. « On regarde les mesures à prendre » insiste Christophe Bouchet.

Enfin, il faut savoir que la ville a formé tous ses agents d’accueil afin qu’elles et ils puissent donner les bonnes informations au public. La municipalité dispose aussi de réserves de masques à la cuisine centrale et dans ses maisons de retraite médicalisées (les Ehpad). Il vaut mieux car les pharmacies et magasins de bricolage sont en rupture de stock dans la ville, même si ça ne sert à rien de porter un masque sans symptômes d’après les professionnels. On ignore l’ampleur de ces réserves mais on sait qu’elles ne sont pas forcément énormes : le maire a dû répondre défavorablement à la demande de la ville chinoise de Luoyang – ville jumelle de Tours – qui lui demandait un colis pour faire face à ses besoins.

De son côté le Conseil Départemental met des masques chirurgicaux à disposition de son personnel dans différents lieux d’accueil.