Tours

Une "fausse manif de droite" s'invite au rassemblement contre la réforme des retraites à Tours

Et cela a fait beaucoup rire les manifestants...

Cette nouvelle manifestation contre la réforme des retraites n’aura pas attiré les grandes foules à Tours ce jeudi 20 février. Au mieux, 1500 manifestants selon les syndicats, loin des grands rassemblements du mois de décembre. Il faut dire que le conflit traine et que le sujet est maintenant au stade des discussions à l’Assemblée Nationale et aux discussions entre partenaires sociaux, même si ces dernières se révèlent très difficiles.

Pour maintenir la pression, les syndicats avaient donc appelé à une nouvelle journée de rassemblement. A Tours, le cortège qui devait s’élancer à 10h place de la Liberté, a tardé à partir, le temps que les rangs se grossissent un peu. Le temps pour une petite cinquantaine d’individus, en fin de cortège de commencer à s’échauffer la voix. Des intermittents et des artistes avaient en effet décidé de faire de cette manifestation un rassemblement festif et détourné, sur le mode des fausses manifs de droite qui avaient fleuri à la fin des années 2000 sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Habillés « bon chic, bon genre », aux slogans humoristiques et décalés, la troupe derrière ce happening militant a d’abord interloqué une partie des manifestants. « Ils sont vraiment sérieux ? » s’interroge ainsi l’un d’eux en voyant ces personnages s’agiter et scander « Cac 40, Cac 40, oui, oui ».

Tout au long de la manifestation, les slogans ont continué de fuser dans la bonne humeur, sans que personne ne sorte jamais de son rôle. Même pour les interroger, rien à faire, ils ont tous campé leur personnage jusqu’au bout. « On est là pour défendre Emmanuel Macron, ce saint homme qui veut relever la France, face aux pourritures bolcheviques » nous répond ainsi une manifestante, fausse fourrure sur le dos.

Forcément, tous les thèmes de société sont détournés : la réforme des retraites, mais aussi l’environnement, le capitalisme, l’emploi… Même les Gilets Jaunes ont le droit à leur petit hommage : « Gilets Jaunes, Gilets Jaunes, retourne dans ton pays. » Autour, passée la surprise, tout le monde rit de bon cœur devant ces slogans qui derrière leur trait humoristique sont une véritable forme de manifestation vous l’aurez compris.

A quelques semaines des élections municipales, le candidat investi par La République en Marche, que certains sont déjà allés perturber lors de son meeting à l’Hôtel de Ville, n’est pas oublié non plus. « On n’aime pas l’Abbé Pierre, on préfère Benoist Pierre » scandent-ils ainsi à plusieurs reprises et plus particulièrement quand la manifestation arrive à son terme en haut de la rue Nationale, passant sous les fenêtres du QG de campagne du candidat LREM.