Tours

[Face à face] Dernier budget et dernier gros débat au conseil municipal de Tours

Avec quelques critiques acerbes.

[Face à face] est une rubrique d'Info Tours qui vous permet d'avoir en un sel article tous les points de vue sur un même sujet

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2014-2020 : l’équipe élue il y a 6 ans pour diriger la ville de Tours a symboliquement terminé son mandat de 6 ans ce lundi 10 février avec un ultime conseil municipal. Le prochain, prévu la semaine du 23 mars, verra une nouvelle équipe prendre ses fonctions jusqu’en 2026... avec un nouveau maire, ou pas, selon l’issue du scrutin. Avant cela il y aura donc les élections municipales les 15 et 22 mars... Sans surprise le parfum de la campagne flottait dans l’hôtel de ville, d’autant que plusieurs membres de l’opposition sont présents dans des listes opposées à Christophe Bouchet.

Le gros morceau du conseil c’était l’examen et le vote du budget 2020 qui prévoit 36 millions d’euros d’investissements, pas de hausse des taux de fiscalité, 6,5 millions d’euros de subventions aux associations ou encore la poursuite de la réduction de la dette.

Parmi les projets qui vont voir le jour : l’achat de 23 nouveaux revolvers ou d’un véhicule électrique pour la police municipale, la deuxième phase du réaménagement de l’Avenue de Grammont, l’aménagement d’une nouvelle salle d’haltérophilie dans le quartier Tonnelé, la réfection de la pelouse du stade d’honneur de la Vallée du Cher (+ des travaux sur des terrains annexes), des travaux pour refaire une centaine de rues, la rénovation énergétique de l’école Michelet... Dans

Le détail du budget 2020 de Tours est disponible dans cet article

L’opposition a donc largement critiqué l’exposé et les visions de la majorité de Christophe Bouchet à commencer par Nicolas Gautreau candidat aux prochaines élections (la liste Les Indépendants) :

« Certaines de vos estimations budgétaires sont pour le moins optimistes. Vous tablez sur une augmentation des recettes de fonctionnement de 204 millions d’€ alors qu’elles sont de 188 millions d’euros sur le compte administratif prévisionnel de 2019. Par ailleurs, les investissements ont été sacrifiés depuis 6 ans et la relance depuis l’année dernière a un parfum électoraliste. On était à moins de 20 millions d’euros au début du mandat, 16 millions d’€ réalisés en 2017. C’est dommage de jouer avec la politique d’investissement d’une grande ville comme Tours alors que les entreprises ont besoin de stabilité. »

Fortement agacée par cette tirade, l’adjointe en charge des finances Hélène Millot a répondu, justifiant les bas investissements du début de mandat et leur hausse ces dernières années : « Avant de dépenser il fallait avoir de l’argent. Nous devions créer des marges de manoeuvre financières en renégociant les emprunts de la ville. »

Deuxième opposant à s’exprimer, Pierre Commandeur, présent sur la liste de Benoist Pierre (C’est Votre Tour(s) - LREM) :

« En 2014 il y avait une enveloppe de 7,5 millions d’€ pour les associations et elle est de 6,5 millions aujourd’hui. Vous avez agmenté les impôts de 4,2% en 2015 pour bénéficier de nouvelles ressources qui n’ont pas profité aux associations. Sur la mandature, les investissements moyens ont été de 25 millions d’€. Malgré des dettes supérieures, Mulhouse et Perpignan ont un montant d’investissement par habitant supérieur de 50% à la ville de Tours. Je critique aussi la hausse de 25% des dépenses de communication sur le mandat et l’augmentation de la taxe d’aménagement. Dans ce domaine il y a ce qui est raisonnable et ce qui est insupportable. »

En réponse, le maire Christophe Bouchet a assumé la hausse de cette taxe pour que les promoteurs prévoient et payent des équipements publics en marge de leurs chantiers. En écho à Pierre Commandeur qui faisait remarquer que d’autres villes sollicitaient des subventions extérieures, l’élu a indiqué un changement de culture municipale dans ce domaine prenant l’exemple du plan de rénovation des écoles « financé à 59% par des acteurs extérieurs dont l’Etat pour les 5 premières années. » Quant à Hélène Millot, elle a rétorqué que, certes, Perpignan et Mulhouse avaient des investissements supérieurs mais aussi... des taux d’impôts 20% plus élevés qu’à Tours.

Xavier Dateu qui mène aussi sa liste en vue des élections (Vous + Nous = Tours) a raillé « la perte de temps » sur certains projets comme la salle haltérophilie de Tonnelé et s’est inquiété du retard des travaux pour rénover le gymnase Raspail. Emmanuel Denis qui mène la liste Pour Demain Tours 2020 (gauche) a déploré un manque de soutien du secteur associatif en 2020 et depuis 2014 mais surtout un manque de prise en compte de l’urgence climatique « un sujet majeur sur lequel on a assez peu avancé ces dernières années, par exemple avec la rénovation themiques des bâtiments. Et ce ne sont pas les quelques annonces symboliques de la fin du mandat qui changeront les choses. »

Olivier Collet