Tours

[Municipales à Tours] L’avenir du Haut de la Tranchée au cœur du débat

En particulier celui de l’ancienne mairie de Saint-Symphorien.

Dans la campagne des élections municipales de Tours prévues les dimanches 15 et 22 mars on parle beaucoup du projet de rénovation des Halles ou de la deuxième ligne de tramway. Un peu des casernes, aussi, puisque 500 logements sont envisagés dans ce futur quartier. Un autre sujet fait également débat parmi les différentes listes candidates : la rénovation du Haut de la Tranchée à Tours-Nord.

Rappel des faits : le projet de reconfiguration du Haut de la Tranchée envisage la reconstruction de l’école Victor Hugo et même un regroupement avec l’école maternelle voisine située de l’autre côté de l’Avenue du Mans, la construction de logements et commerces + la reconfiguration éventuelle de l’ancienne mairie de Saint-Symphorien totalement vide depuis 2009. La société Icade a été désignée par la ville pour s’occuper de tout ça… L’objectif est de débuter les travaux en 2021 et de les achever 5 à 6 ans plus tard.

Les plans initiaux ont déjà connu des évolutions puisque le parking à étages envisagé dans un premier temps à côté de l’école a été supprimé après la mobilisation de riverains inquiets pour l’impact environnemental. Quant à la conservation d’un séquoia classé arbre remarquable, elle n’a jamais été remise en question.

Reste une question : que faire de l’ancienne mairie bâtie en 1838 ? Certains craignent sa démolition et se mobilisent. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’une telle issue est redoutée puisqu’on retrouve trace de mobilisations dès 2013-2014 pour préserver ce qui est considéré comme un monument, même s’il n’est pas classé comme tel. A l’heure où l’on écrit ces lignes, le sort des lieux n’est pas tranché. Il semble néanmoins avéré que l’état intérieur du bâtiment est particulièrement délabré au point qu’il pourrait sembler plus judicieux de reconstruire quelque chose quitte à garder la façade, un peu comme ce qui pu être fait en son temps pour l’Hôtel Gouin.

Rénover ou reconstruire la mairie de Saint-Symphorien, d’accord… Mais dans quel objectif ? Habitant du quartier, Michel Pommier a une idée : s’appuyer sur les professionnels du cinéma déjà installés à Tours (école Escat, entreprises audiovisuelles…) pour en faire un lieu dédié à la culture, en y installant des studios et en en construisant d’autres sur la zone aéroportuaire bientôt libérée par l’armée de l’air avec le départ programmé de l’école de chasse. « Il y a tout au centre, Tours-Nord est délaissé dans ce domaine et n’est qu’un espace de délestage de la population » argumente le Tourangeau qui envisage un chantier participatif et espère des retombés positives pour l’emploi.

Cinéma ou centre social ou parc urbain ?

Ambition : réussir à proposer des coûts de tournage moins élevés qu’à l’étranger pour relocaliser les productions en France, « mais cela ne pourra pas se faire sous perfusion de subventions publiques » nuance un candidat aux municipales intéressé par l’idée mais prudent quant à sa réalisation.

A défaut d’être encore pleinement abouti, le projet a le mérite de lancer un débat. Certains imaginent même une épopée semblable à celle du Bateau Ivre où un collectif s’est monté pour sauver la salle de concerts désaffectée de la Rue Edouard Vaillant. Alors que la mairie était d’abord sceptique, elle a fini par se laisser convaincre et un projet culturel ambitieux est sur le point de voir le jour sous la forme d’une société coopérative financée par de multiples acteurs répartis sur tout le territoire, ainsi que quelques collectivités publiques venues en soutien.

En dehors du maire de Tours qui souhaite mener à bien son projet avec Icade en cas de réélection, plusieurs candidats s’emparent de ce sujet du Haut de la Tranchée avec l’ambition de revoir les plans. Pour Demain Tours 2020 (Emmanuel Denis) qui a motivé sur sa liste un représentant associatif du quartier, Claude Bourdin (C’est au Tour(s) du Peuple) qui pense à installer un centre social ou des équipements associatifs derrière la façade préservée mais aussi Xavier Dateu qui a émis l’idée de créer un vaste parc dans ce périmètre.

Olivier Collet