Tours

[A chaud] Réforme des retraites : Tours reste bien mobilisée

1 500 personnes dans la rue ce mercredi.

Voilà, on entame la 9e semaine de contestation contre la réforme des retraites. Le trafic SNCF est normal ou quasi normal, les enseignants en grève se font rares… « mais c’est pour mieux revenir » promet Tony, un cheminot qui se dit en grève depuis le 5 décembre. L’homme faisait partie du cortège parti de la Place de la Préfecture ce mercredi pour la 8e grande mobilisation nationale contre le projet du gouvernement qui veut transformer le système actuel de retraites par répartition en faveur d’un système par points.

1 500 personnes ont participé à ce défilé selon les forces de l’ordre. Deux mois après le début du mouvement on peut considérer que c’est beaucoup, même si on est loin des 10 à 12 000 personnes comptées au mois de décembre. C’est également moins que la mobilisation de vendredi dernier avec près de 4 000 personnes dans les rues.

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Néanmoins, la réforme reste au cœur de l’actualité tous les jours ou presque. De nombreuses professions sont mobilisées : avocats, profs, cheminots, travailleurs du monde de la culture… Face aux grilles de la préfecture ce 29 janvier, un groupe a entonné une marche funèbre pendant quelques minutes, déclenchant quelques frissons parmi la foule. Le cortège s’est ensuite élancé en direction de la Place Jean Jaurès, de la Rue Nationale et des Halles avant de revenir devant la mairie.

 

Les mobilisations vont se poursuivre. On en annonce une dès ce jeudi matin : un collectif d'enseignants et enseignants-chercheurs du secondaire et de l'université, ainsi que des étudiants, vont mener une action symbolique « forte » sous le titre « l'éducation, l'université et la recherche à la rue et dans la rue ». Ils protesteront à la fois contre la réforme des retraites, mais aussi celles du lycée et de l’Université. Rassemblement prévu à 7h30 devant Grandmont, le plus grand lycée d’Indre-et-Loire situé à Tours Sud. 

En parallèle, l’intersyndicale CGR, FO, FSU et Solidaires organise des AG pour préparer la suite du mouvement. Vendredi elle mènera des distributions de tracts dans des lieux qui restent à définir.

 

« Les syndicats sont dans leur rôle » commente le député LREM tourangeau Daniel Labaronne face à ce mouvement qui s’éternise, tout en ne cachant pas sa préférence pour l’attitude de la CFDT (qui ne manifeste plus et veut négocier avec le gouvernement) plutôt que celle des autres organisations représentatives des salariés. L’idée de l’exécutif est de travailler rapidement : présenté en conseil des ministres le 24 janvier, le texte est examiné en commission depuis le mardi 28 à l’Assemblée Nationale. Fortement critiqué par le Conseil d’Etat, il est amené à être modifié. L’élu amboisien nous indique par exemple qu’il a déposé plusieurs amendements avec les propositions suivantes :

  • Prendre en compte les stages de longue durée dans le calcul des points de retraite
  • En cas de divorce, laisser le juge aux affaires familiales trancher le partage des points de retraite entre les deux époux s’ils ne parviennent pas à conclure un accord à l’amiable sur ce sujet

Des évolutions sont également envisageables après les travaux de la Conférence de financement des retraites qui débute ces jours-ci. Objectif : financer le système autrement qu’avec une incitation à cesser sa carrière à 64 ans plutôt qu’à 62 ans.

Olivier Collet