Tours

[Tête à tête] Un Tourangeau parie sur l’écotourisme, de la Touraine au Pérou

Une agence locale s’est spécialisée sur ce créneau.

Peut-on voyager comme on le faisait il y a encore 5, 10, 15 ou 20 ans ? Dans des bus ou des bateaux de croisière qui font la tournée des attractions touristiques sans vraiment s’y attarder ? Quand on voit qu’un armateur comme MSC commande deux bateaux flambants neufs aux chantiers navals de Saint-Nazaire en ce début d’année 2020, on serait tenté de dire que oui. Les clubs de vacances, hôtels géants en bord de mer et autres séjours en groupe attirent encore les foules. Néanmoins, plusieurs modes de voyages « alternatifs » prennent de l’ampleur. Trajets en train, séjours plus longs mais moins nombreux, visiter une région plutôt que parcourir tout un pays… A chacune et à chacun sa solution pour prendre le temps de voyager plutôt que d’empiler les selfies.

Depuis 4 ans en Indre-et-Loire, il existe une agence qui suit cette philosophie : Val de Loire Ecotourisme. Un projet créé à trois et aujourd’hui piloté en solo par le guide Grégoire Paquet. « Mon activité est centrée est centrée sur la Touraine mais cette année je m’ouvre sur l’étranger : le Pérou, l’Ouzbékistan puis le Vietnam en 2021. »

« L’écotourisme est basé sur trois piliers : la nature, la culture et le terroir. Je propose des sorties de courte durée (2h) ou des séjours d’une petite semaine à des gens d’ici (des écoles), des départements voisins qui viennent en week-end, de Parisiens ou des étrangers (beaucoup d’Américains, des Belges, quelques Allemands) » détaille le professionnel. « L’objectif c’est de faire découvrir le territoire en apportant une dimension d’éducation à l’environnement : par exemple passer toute une journée en forêt sans croiser personne ou organiser un parcours sur la nature en ville à Tours Centre, expliquer aussi comment s’est formée notre région. »

Photos : Val de Loire Ecotourisme

« Sur l’écotourisme, nous sommes en retard » estime Grégoire Paquet quand il compare ce qu’il peut être proposé dans d’autres pays comme le Canada, le Costa Rica ou les Etats-Unis. Selon lui, c’est lié à la réticence de prendre un guide pour une sortie nature : « L’enjeu c’est de proposer du contenu de qualité pour apporter une plu value en parlant des plantes comestibles, des roches, de l’histoire… Les gens ont alors un autre regard sur le territoire. »

Pour ses séjours à l’étranger, le responsable de Val de Loire Ecotourisme travaille en partenariat avec de petites structures locales, l’hébergement se faire dans des familles et les groupes ne dépassent pas 12 personnes. Il ne faut pas s’attendre à visiter les principaux sites touristiques mais, pour employer un terme un peu désuet mais souvent employé, sortir des sentiers battus. Si ces voyages lointains restent à bilan carbone élevé en raison des longs trajets en avion, Grégoire Paquet parie sur une expérience radicalement différente par rapport à d’autres séjours organisés. Pour deux semaines au Pérou, le coût avoisine 3 300-3 400€ tout compris. Une réunion pour présenter le projet est organisée ce vendredi 24 janvier à Saint-Branchs. Infos et réservations sur www.valdeloire-ecotourisme.fr.