Tours

2020-2026 : 5 grands défis d’avenir pour Tours Métropole

L’agglomération va entrer dans une nouvelle phase après les élections du mois de mars.

On a tendance à l’oublier mais les dimanches 15 et 22 mars on ne vote pas seulement pour renouveler les conseils municipaux de nos communes. Les choix que vous ferez vaudront aussi pour les communautés de communes. En effet, une partie des élus des villes siège également au sein de l’assemblée de l’agglomération. C’est loin d’être anodin car cette collectivité gère les transports, la voirie, l’eau, l’économie, le tourisme… Elle a également des compétences pour l’environnement, la gestion des déchets ou l’enseignement supérieur.

Au cœur du département, 22 communes sont reliées à Tours Métropole : Tours, Joué, Chambray, Saint-Avertin, Saint-Pierre-des-Corps mais aussi Mettray, Rochecorbon, Villandry, Savonnières ou Ballan-Miré. Autant de mairies qui doivent discuter ensemble et voter des décisions pouvant potentiellement impacter une population de 300 000 personnes. Nous avons listé 5 grands défis à relever dans les 6 prochaines années.

 

1 - L’avenir du tramway

Cela fait 6 ans et demi que Tours a inauguré sa première ligne de tramway. Beaucoup d’élus rêvent de voir ce mode de transport prendre encore plus de place. Depuis un peu plus de deux ans, il y a un projet de deuxième ligne reliant l’entrée du périphérique de La Riche près du Prieuré St Cosme à La Papoterie de Chambray, également à proximité d’un accès de la rocade. Entre les deux, plusieurs stations : l’hôpital Bretonneau, le Boulevard Béranger, le quartier des Fontaines, la Fac Grandmont ou le CHU Trousseau.

Budget estimé : au moins 300-350 millions d’euros (sachant que la première ligne a coûté près de 500 millions d’€).

Les études préalables sont en cours mais le projet prend du retard. Au départ on évoquait son aboutissement à l’horizon 2023-2024. Aujourd’hui ce serait plutôt 2025-2026… si tout va bien.

Explications : les tergiversations sur le tracé ont pris du temps (notamment pour arbitrer le match entre un passage Bd Royer ou Bd Béranger à Tours, le choix de Béranger continuant à déclencher de vives oppositions, par exemple de la part des amis des arbres). Ce combat fait craindre des recours judiciaires pour empêcher le début des opérations dans les temps mais se pose aussi la question de la capacité de Tours Métropole à réunir les financements nécessaires.

Par ailleurs, rien ne dit que les plans ne vont pas encore évoluer. Ainsi, certains candidats aux municipales évoquent clairement leur préférence pour un bus à haut niveau de service à hydrogène plutôt qu’un tram parce que ce serait moins cher et moins complexe à construire. Se pose aussi la question des priorités de tracé, la commune de Saint-Pierre-des-Corps poussant très fort pour obtenir le tram le plus rapidement possible. Là aussi, des études sont en cours.

Les futurs élus devront donc gérer ce dossier et ses complexités en priorité.

 

2 – Le futur de l’aéroport de Tours

Avec près de 200 000 passagers par an, l’aéroport de Tours observe une fréquentation relativement stable. Les vols de Ryanair sont régulièrement pleins et le nombre de jets privés a tendance à progresser. L’infrastructure sert également au CHU, pour des greffes d'oganes. L’idée actuelle de Tours Métropole est de la booster pour atteindre 500 000 passagers par an, en espérant bénéficier de la saturation d’Orly, Roissy ou Nantes pour attirer de nouvelles compagnies. Au passage, Ryanair et son modèle économique gourmand en subventions publiques est en sursis à moyen terme.

L’idée de l’agglomération serait plutôt d’attirer des touristes sur le territoire en avion plutôt que de permettre aux Tourangeaux de voyager pas cher depuis leur aéroport. Mais ce n’est pas le plus gros enjeu.

Avec le départ de l’école de pilotes de chasse de l’armée de l’air à partir de cette année, de nombreux hectares de terrain vont se libérer. Tours Métropole a un vaste projet de pôle économique. Comme ses zones industrielles ou d’activités sont saturées, de nouveaux locaux pourraient sortir de terre d’ici quelques années, ainsi que des hôtels et une gare routière pour les bus longue distance. On parle aussi d’activités autour du secteur aérien comme le développement de l’école de pilotes de ligne déjà installée dans les locaux de l’aéroport ou l’installation de sociétés spécialisées dans les drones. Il faudra néanmoins rendre tout cela compatible avec les débats d’aujourd’hui autour de l’écologie.

 

3 – Une métropole plus verte ?

Depuis 2014, Tours Métropole a mené des actions en faveur de l’environnement : développement du tourisme à vélo, aide à l’installation d’agriculteurs, achat de véhicules électriques, création d’une agence pour aider les propriétaires à rénover leurs logements… Néanmoins, de nombreux défis restent à relever comme celui d’une meilleure gestion des déchets, et au passage de leur réduction. L’idée de construire une usine de méthanisation pour produire du biogaz à partir des ordures s’est heurtée à une vive opposition des riverains à Mettray. Et puis Tours Métropole n’a plus de Plan Climat depuis plusieurs années, ce document étant indispensable pour planifier une politique de développement durable globale, par exemple pour la rénovation des bâtiments publics ou l'achat de bus consommant moins d'énergie.

A l’heure où l’écologie devient une priorité pour beaucoup de Français, l’agglomération sera scrutée de près pour ses ambitions en la matière.

 

4 – Les grandes rénovations urbaines

Lundi 27 janvier, Tours Métropole et l’Etat doivent signer une convention pour la grande rénovation du quartier du Sanitas. Ce projet est largement financé par l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU) mais élaboré par l’agglomération qui projette des destructions d’immeubles pour de nouvelles constructions moins hautes, ouvertes à l’accession à la propriété. Des bureaux supplémentaires sont annoncés… C’est un chantier qui va s’étaler sur une dizaine d’années et ce n’est pas le seul.

D’autres opérations s’annoncent dans le quartier Maryse-Bastié, à la Rabière Joué-lès-Tours et à la Rabaterie de Saint-Pierre-des-Corps.

Face à des habitants parfois sceptiques vis-à-vis de ces changements, Tours Métropole va devoir convaincre du bien-fondé de ses arguments. Ces projets sont engagés avec des objectifs de mixité sociale ou de plus de sécurité (en particulier à la Rabaterie). Elle devra aussi lutter contre le risque de gentrification ou de spéculation immobilière.

 

5 – L’affirmation d’une institution

Sur les bus Fil Bleu ou les poubelles de l’agglo, on voit encore très souvent le logo Tour(s)Plus qui nous rappelle que Tours Métropole est une collectivité toute jeune : à peine trois ans d’existence après un long combat politique pour réussir à obtenir ce statut. L’objectif d’alors était de s’affirmer parmi les 15 grandes aires urbaines françaises. Ce n’est pas un titre qui s’acquiert en quelques mois donc la montée en gamme de la Métropole sera forcément d’actualité dans les années à venir.

Par rapport à l’ex Tour(s)Plus, Tours Métropole a plus de compétences comme la gestion de l’eau et de la voirie. Plus de personnels, aussi. Il va maintenant falloir qu’elle créer une harmonie entre ces 22 communes, mener une politique efficace du compromis pour que tout le territoire avance d’une seule voix quand il voudra réaliser des projets. Entre les grandes villes (Tours, Joué…) et les villages (Berthenay, Savonnières…) elle devra maintenir des rapports équitables, pour ne pas donner l’impression que le monde urbain absorbe la ruralité. Réussir aussi d’ailleurs à garder de bonnes relations avec les collectivités voisines (Amboise, Sorigny, Loches, Chinon) ou la Région qui peut subventionner ses projets. Tout un équilibre politique dont les fondations sont posées mais qui reste encore à consolider.

Pour bien comprendre les enjeux d’avenir dans l’agglo de Tours, allez lire notre analyse détaillée sur 37 degrés.

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