Tours

[A chaud] Fac des Tanneurs : vives tensions sur fond de mouvement contre la réforme des retraites

Le site est boqué depuis lundi 13 janvier.

Le mouvement contre la réforme des retraites ce n’est pas seulement une mobilisation de 42 jours à la SNCF ou des cours régulièrement annulés dans les écoles, les collèges et les lycées. Alors qu’une 6e grande journée interprofessionnelle de mobilisation se prépare ce jeudi 16 janvier, des actions plus ponctuelles, et d’une ampleur lus mesurées, sont organisées très régulièrement. On peut citer une manifestation aux Deux-Lions fin décembre, un repas partagé par des grévistes entre Noël et Nouvel An ou les actions coups de poings d’étudiants également mobilisés pour un retrait complet du projet du gouvernement, pas seulement de l’âge pivot à 64 ans.

Traditionnellement c’est le site de la fac des Tanneurs en hypercentre de Tours qui est le plus impacté par les mouvements sociaux de la jeunesse, d’autant qu’il est régulièrement choisi pour l’organisation d’assemblées générales (des syndicats, ou des réseaux féministes, par exemple). Depuis ce lundi 13 janvier, il est occupé 24h/24 par des étudiants ce qui a conduit notamment à l’annulation des vœux du président de l’Université de Tours et de la cérémonie de remise des Palmes Académiques qui devaient avoir lieu mardi. Dans un communiqué transmis ce mercredi après-midi, la direction indique plus globalement que « Les activités pédagogiques, scientifiques, culturelles et administratives du site des Tanneurs sont suspendues ou annulées jusqu'à nouvel ordre. »

Cette communication fait suite aux événements observés depuis le début de la semaine dont un épisode qui s'est déroulé ce mercredi matin, aux alentours de 7h : un groupe de personnes masquées, habillées en noir et armées pour certaines de barres de fer ou autres ustensiles ont cherché à déloger les jeunes installés dans la faculté. Une action revendiquée par deux collectifs proches de l'extrême-droite au cours de laquelle une entrée a été forcée, des coups échangés, et une partie des locaux dégradés.

Le président de l’Université Philippe Vendrix se dit « indigné » par cet épisode. Une plainte a été déposée. Le représentant universitaire poursuit :

« Le droit légitime d'exprimer ses opinions ne doit en aucun cas conduire à des dégradations matérielles qui portent atteinte non seulement aux conditions d'études des étudiants mais aussi au cadre de travail des personnels universitaires. L'exposé et la défense des conceptions politiques et philosophiques doivent respecter une certaine mesure, élément indispensable à la saine qualité de la vie démocratique. »

Le collectif des Etudiant.e.s en lutte de Tours réagit pour sa part à la revendication de cette opération commando matinale par des groupes tourangeaux d’extrême droite :

« Ces groupes défendent une vision du monde dégueulasse (…) et ne promeuvent que la haine. Nous défendons l'idée d'une fac ouverte, adaptée et accessible à tou.te.s, équitable, donc fondamentalement antifasciste. Nous condamnons cette action, particulièrement dans le contexte actuel : cela fait plus d'un mois que nous sommes mobilisé.e.s, que la grève dure. La stratégie de blocage s'inscrit dans un rapport de force face à un gouvernement sourd qui ne comprend que ça. »