Tours

[Municipales à Tours] On fait le bilan : les 6 points forts de la mairie depuis 2014

Notamment la réduction de la dette et la sécurité.

Les dimanches 15 et 22 mars il y a élections municipales ! L’enjeu : élire les femmes et les hommes qui dirigeront toutes les mairies de France de 2020 à 2026. A Tours, le conseil municipal rassemble 55 personnes. Depuis 2014, la majorité est composée d’une équipe mixte allant du centre à la droite. D’abord dirigée par Serge Babary (Les Républicains), elle est désormais pilotée par Christophe Bouchet (Parti Radical) qui a pris ses fonctions à l’automne 2017.

Alors que la campagne a commencé, Info Tours et 37 degrés vous aident à y voir plus clair sur le bilan des élus en place. Dans cet article, nous avons recensé 6 points forts qui ont marqué les six dernières années. Nous avons également listé 6 points faibles emblématiques dans un deuxième article accessible ici.

 

La réduction de la dette : le grand projet

Hélène Millot, actuelle adjointe aux finances

Dans son programme de campagne, Serge Babary avait promis de ne pas augmenter les impôts. Raté. Dès 2015, il a fait progresser les taux de 4,2% en expliquant que la situation financière de la ville était si complexe qu’il n’avait pas le choix afin de financer des investissements. Depuis, la ville n’a plus touché à la fiscalité… hormis pour accorder une décote aux personnes en situation de handicap.

Si elle a pu être perçue comme bien désagréable pour une partie de la population, cette manœuvre a donné le coup d’envoi d’un mandat axé sur une volonté d’assainir les finances de la ville. A la différence de communes comme Orléans ou Saint-Cyr-sur-Loire plus près de nous, les dettes de Tours limitent ses marges de manœuvre. Cela vaut aussi bien pour financer de grands projets emblématiques comme de nouveaux bâtiments que pour gérer le quotidien (réfection des écoles, de la voirie…). Pire, une partie des créances de la ville étaient toxiques. Un vaste mouvement de négociations s’est donc engagé sous l’égide des adjointes Françoise Amiot puis Hélène Millot afin d’abord de se débarrasser de ce qu’on a appelé le SWAP toxique de Tours puis d’étaler dans le temps des prêts que Tours aurait dû rembourser subitement dans quelques années.

La dette de Tours reste encore conséquente mais moins problématique qu’il y a 6 ans, donc plus facile à maîtriser pour envisager des projets sur le long terme.

 

Education : une école toute neuve

Non programmée en 2014, la construction de l’école Simone Veil des Deux-Lions a été mise sur les rails en cours de mandat. Inaugurée à la rentrée 2019, c’est la première dans ce quartier ce qui permet de désengorger les classes des Rives du Cher. Reste maintenant à rénover les autres établissements. Un Plan Ecoles a été lancé sur plusieurs années afin d’y parvenir, certains travaux sont déjà programmés.

On notera par ailleurs que la ville de Tours a répondu à la demande de nombreux parents en revenant à la semaine de 4 jours dès que le gouvernement a autorisé cette mesure. Parfois critiquée pour son manque de concertation, la ville de Tours a sur ce point pris le temps d'écouter les parents et les écoles et satisfaire leur demande.

 

Sécurité : la priorité

Des caméras devant la gare de Tours, des caméras aux Fontaines, des caméras dans le Vieux-Tours, des caméras au carrefour de Verdun, une caméra à 360° au Sanitas… Depuis 2014, Tours voue une grande passion pour les caméras de surveillance et a grandement étendu son réseau, la municipalité ne manquant jamais une occasion de se féliciter du nombre d’enquêtes qui ont pu progresser grâce aux images de vidéosurveillance désormais analysées en direct depuis un Centre de Supervision Urbain installé près du Château de Tours, dans les locaux de la police municipale. Un service en pleine mutation. Il a connu ses coups durs (changement de directeur en cours de mandat et une affaire de vol de munitions) mais est en phase de croissance avec un vaste plan de recrutement.

Globalement sur les six dernières années, la délinquance à Tours a été contenue. Les patrouilles de police municipales se font plus fréquemment à pied ou à vélo, un poste décentralisé et plus visible qu’avant a ouvert aux Fontaines et des réseaux de voisins vigilants sont chargés de veiller aux risques de cambriolages dans les quartiers résidentiels. La mairie a par ailleurs plébiscité l'accueil de personnes condamnées pour des travaux d'intérêt général.

 

Politique de proximité : opération bitume neuf

Brice Droineau, adjoint en charge de la voirie

Malgré des relations difficiles avec certaines associations ou des échecs comme la création d’un marché vite disparu aux Deux-Lions, les élus de la majorité ont assuré une forte présence dans les quartiers et leurs événements. De quoi mettre en place de nombreux « petits projets du quotidien » comme des jeux d’eau pour l’été, une passerelle sur le Petit Cher ou, plus récemment, élaborer un vaste plan de rénovation de la voirie pour passer de 30 rues refaites par an à une centaine, avec un plan d’action pour éviter que des axes qui ont connu un chantier d’aménagement ne soient impactés par des travaux de gaz, de fibre optique ou de réseaux d’eau peu de temps après.

Par ailleurs, et même si cela reste forcément trop long à se mettre en place, la mise en accessibilité des trottoirs et des traversées piétonnes pour les personnes à mobilité réduite s’organise à un rythme régulier. Enfin, plusieurs places emblématiques de la ville ont été rénovées (en particulier la Place Châteauneuf et la Place Coty), le trottoir côté Ouest des Halles réaménagé pour élargir des terrasses et l'Avenue de Grammont embellie autour de la Place Michelet.

 

Economie : le boom numérique

En 2014, le programme de Serge Babary prétendait sur plusieurs pages que telle ou telle mesure allait créer de l’emploi. Difficile de faire un bilan chiffré en disant combien d’embauches ont été favorisées par l’action municipale mais on peut retenir un certain volontarisme porté par une initiative comme le salon Tou(r)s pour l’Emploi organisé une fois par an à l’Hôtel de Ville, avec une forte fréquentation et une participation conséquente des entreprises. A cela s’ajoute le décollage de Mame, la grande pépinière d’entreprise installée dans l’ancienne imprimerie des Bords de Loire, près de la nouvelle école des Beaux-Arts. Pratiquement achevés, les travaux de ce complexe ont permis d’aménager un lieu de vie économique où se côtoient entreprises aux produits innovants, sites de formations et services économiques. Avec également la possibilité d’organiser des événements, l’objectif étant d’ouvrir au maximum ce lieu au public.

Plusieurs structures qui ont éclot à Mame ont été distinguées au niveau national (Concours Lépine) ou ont présenté leurs services dans des salons internationaux, au Portugal ou à Las Vegas.

En parallèle, plusieurs lieux satellites (espaces de coworking notamment) ont ouvert faisant de Tours une place forte pour les startups (avec un programme d'événements) mais aussi pour les entreprises de l’univers du jeu vidéo : une demi-douzaine de structures étant désormais établies dans l’agglomération, la Dreamhack du mois de mai étant leur vitrine annuelle.

 

Rayonnement : une image de marque en construction

Les villes attractives, les villes vertes, les villes paisibles, les villes où il faut investir dans l’immobilier, les villes dynamiques pour le commerce… Depuis plusieurs mois, quand la presse ou des instituts d’études se lancent dans une comparaison des performances des grandes villes de France, Tours est loin de faire de la figuration. La ville est régulièrement dans le top 10 voire dans le top 5, surclassant sa rivale historique Orléans, devançant régulièrement Poitiers, Angers, Dijon ou Saint-Etienne, autres agglomérations de taille et d’envergure comparable. C’est ça qu’on appelle le rayonnement, sachant que l’objectif est de figurer plus globalement dans le top 15 des métropoles les plus enviables au niveau national.

En plus de l’économie, Tours gagne régulièrement des points sur le plan touristique. Sa campagne de communication « Tours, l’inattendue » fait sensation depuis plusieurs étés, notamment dans le métro parisien. Ce n'est pas (encore) une vraie ville de destination où l’on passe plusieurs jours, mais une ville étape incontournable dans le Val de Loire avec des restaurants réputés, un Plan Lumière qui embellit le Vieux-Tours, la Rue Nationale, l'Opéra ou la Place Jean Jaurès à la nuit tombée ou encore des activités culturelles comme le son et lumières estival qui a migré vers le Musée des Beaux-Arts après trois étés sur la façade de la cathédrale. De grands congrès professionnels ou des événements majeurs comme l’historique Paris-Tours ou le plus récent American Tours Festival complètent ce tableau en attendant l’aboutissement du projet Porte de Loire.

Pour aller plus loin, vous trouverez une analyse politique du mandat de Serge Babary et Christophe Bouchet dans cet article de 37 degrés et un comparatif entre le programme de 2014 et la situation en 2020 accessible ici.