Tours

Trafic, revendications, indemnisation : le point après 10 jours de grève chez Fil Bleu

Le mouvement n’est pas fini.

Ce mardi on entame le 11e jour consécutif de grève sur le réseau bus-tram de l’agglomération tourangelle : des mouvements de 24h les samedis-dimanches et des débrayages aux heures de pointe les jours de semaine. Malgré des réunions avec la direction, le mouvement est reconduit de jour en jour si bien qu’on a déjà les prévisions de trafic pour la journée du mercredi 18 décembre :

  • Un réseau bus perturbé aux heures de pointe de 6h30 à 9h30, de 16h30 à 19h30 et de 20h à 23h, sans que l’on sache précisément quelles courses ne seront pas assurées
  • Un tram toutes les 7 à 9 minutes de 7h30 à 19h
  • Premier tram à 5h41 à Vaucanson au lieu de 4h41
  • Un bus Plan B remplace le 1er tram de la journée entre le Lycée Jean Monnet et Gare Vinci. Départ : 5h38

A priori les conditions de circulation seront identiques jeudi et vendredi, et le préavis court jusqu’au 1er janvier.

Ce mouvement porte sur les conditions de travail. La CGT, FO, la CFDT et la CFE-CGC (le syndicat des cadres) sont unis pour porter leurs revendications, en particulier l’allongement des temps de pauses. En résumé les conducteurs estiment que les temps de parcours programmés pour le tram et les bus ne sont plus adaptés au succès du réseau. Le temps que les voyageurs montent et descendent, et les véhicules prennent du retard : « Sur une journée cela peut faire jusqu’à 25 minutes » nous expliquaient les délégués syndicaux rassemblés lundi soir devant le siège de Tours Métropole aux Deux-Lions.

Si le conflit de Fil Bleu concerne avant tout l’entreprise Keolis qui gère le réseau, c’est Tours Métropole qui a l’autorité sur les transports en commun, et qui peut notamment mettre des moyens supplémentaires pour améliorer la qualité de service. C’est pour ça qu’une trentaine d’agents se sont réunis au siège de l’agglo ce 16 décembre, et qu’ils ont rencontré son vice-président aux transports Frédéric Augis.

L’objectif de la manœuvre : remettre un courrier dans lequel les syndicats expliquent leurs difficultés (les temps de pause qui s’amenuisent mais aussi des équipes de contrôleurs qui ne sont pas assez étoffées ou une requête pour avoir des trios de médiateurs plutôt que des duos pour gérer de manière plus sécuritaire des difficultés sur le terrain). Une réunion de négociations a eu lieu avec la direction de Keolis jeudi 12 décembre mais les propositions de l’entreprise n’ont pas convaincu les représentants du personnel et la base. « Depuis septembre le taux d’absentéisme atteint 11% alors qu’avant il était à 4-5%. Même les derniers arrivés se plaignent d’être fatigués. L’autre jour l’un d’eux disait qu’il allait retourner souder des tuyaux, que c’était moins dur ! » s’alarment CGT, FO et CFDT qui ont demandé un nouveau rendez-vous pour négocier une sortie de crise.

De son côté, Frédéric Augis n’a pas souhaité faire de commentaire après son entretien avec les syndicats. Nous l’avons aussi interrogé sur l’éventualité d’un geste pour les abonnés de Fil Bleu pénalisés par ce mouvement. Il nous a fait comprendre qu’il ne répondrait pas à la question avant un retour à la normale.

Olivier Collet