Tours

[A chaud] Un appel aux dons pour aider le Plessis

Alors que l'intérêt culturel du lieu est réaffirmé...

La période est assez paradoxale pour José-Manuel Cano-Lopez et l’équipe du château du Plessis. D’un côté, le projet Ouvertures initié en 2017 fonctionne bien, très bien même, avec un public nombreux, des projets artistiques de qualité, l’accueil de nombreuses équipes en résidences artistiques (144 depuis 2017)… Mais de l’autre, les finances liées à la gestion de ce lieu larichois se révèlent difficiles. La faute à une baisse importante des subventions depuis plusieurs années qui ne permettent plus à la fois d’entretenir l’ancien château royal et développer le projet culturel. C’est pourquoi ils lancent aujourd’hui un appel aux dons, José-Manuel Cano-Lopez expliquant être très inquiet à court terme : « Il y a urgence parce qu’il faut que nous arrivions à boucler l’année. »

Pour aider le Plessis, tout est expliqué ici

D’autant plus paradoxal, que dans le même temps, l’avenir du Plessis semble s’éclaircir. Récemment lors d’une conférence de presse, Christophe Bouchet a réaffirmé l’intérêt culturel du château du Plessis. Situé à La Riche, celui-ci appartient à la ville de Tours et est occupé par la Compagnie Cano-Lopez (devenu groupe K) depuis une vingtaine d’années. La compagnie dirigée par José-Manuel Cano Lopez y a développé un projet riche et intense, avec à la fois un volet théâtre mais aussi des résidences d’artistes, des accueils de stagiaires, des projets culturels et sociaux à destination de publics en situation de handicaps…

Un équilibre remis en cause par la ville de Tours en 2015 qui souhaitait alors se séparer du lieu et le vendre. De cet épisode, les relations entre la ville et les occupants du lieu se sont dégradées. Du passé aujourd’hui à croire Christophe Bouchet qui a répondu d’ailleurs cet automne à l’invitation de José-Manuel Cano-Lopez, et est venu planter un murier, symbole des soieries tourangelles, importées à Tours par le roi Louis XI qui avait fait du Plessis sa résidence royale.

Louis XI, un roi méconnu et dont le règne est assez sous-estimé. Pourtant alors que la région célèbre les 500 ans de la Renaissance en 2019, c’est bien sous son règne que les prémices de la Renaissance française ont débuté, à Tours donc. Le maire de Tours verrait ainsi d’un bon œil le fait de valoriser le domaine du Plessis autour d’un projet en lien avec Louis XI, la soierie ou encore les agrumes que le roi Louis XI avait fait planter dans le domaine du Plessis à la fin du XVe siècle…

Un projet à mettre en lien avec celui de Centre Culturel de Rencontres (CCR), porté par José-Manuel Cano-Lopez et l’association « Le Plessis : cultures communes » ? Pour l’instant, le maire de Tours ne rentre pas dans les détails, mais les relations semblent s’être réchauffées entre les deux parties. Il faudra certainement et néanmoins attendre les élections municipales de mars prochain pour que tout cela se décante et que le Plessis soit véritablement fixé sur son avenir. Une chose est sûre, La ville de Tours ne souhaite plus vendre et cet avenir s’écrira dans le domaine culturel, la ville de La Riche ayant sanctuarisé le Plessis comme tel dans son dernier PLU adopté l’an passé.  

Mathieu Giua