Tours

[A chaud] 300 personnes pour la contre-Ste Barbe des pompiers d’Indre-et-Loire

Une cérémonie d’hommages sur fond de revendications.

Chaque année à la fin de l’automne les pompiers ont l’habitude de célébrer leur sainte patronne – Ste Barbe – via des cérémonies dans les centres de secours, et une grande cérémonie départementale. Cette année, ce rassemblement tourangeau était prévu au château de Cangé de Saint-Avertin. Mais il a été annulé officiellement lundi par la direction du SDIS37 et la préfecture d’Indre-et-Loire. Pourquoi ? La crainte d’un nouveau mouvement d’humeur des pompiers après les événements du samedi 7 décembre lors de la Ste Barbe des centres de secours de Tours Nord et Tours Centre.

Après la cérémonie protocolaire devant la cathédrale puis les discours du commandement des pompiers et d’un représentant syndical, les hommes en uniforme ont quitté l’assistance, interrompant net le début du discours du maire de Tours dans la cour du collège qui accueillait l’événement.

Filmée, la scène a vite fait le tour d’Internet au point d’être repérée et diffusée par des médias nationaux.

« Ce n’était pas contre le maire de Tours personnellement » rappelle Anthony Chauveau, représentant du syndicat CFTC. Avec ses collègues de la CFDT et d’Avenir Secours ils insistent : « Nous avons toujours respecté les cérémonies protocolaires en hommage aux pompiers morts en service et morts au feu. » C’est pour cette raison que malgré l’annulation de la Ste Barbe de Cangé il y a eu une Ste Barbe départementale ce 14 décembre, dans la cour de la caserne des pompiers de Tours Centre. Sur place : environ 300 personnes dont 200 pompiers professionnels et volontaires de tout le département, la plupart en uniforme. Mais aussi des syndicalistes (CGT, FO, Sud Rail…), des Gilets Jaunes et quelques élus se comptant sur les doigts d'une main dont la maire de Saint-Pierre-des-Corps, Marie-France Beaufils.

Quelques voitures qui passaient par là ont klaxonné en signe de soutien, un jeune sapeur-pompier portait une pancarte en soutien à la grève débutée cet été pour plus de moyens humains et une reconnaissance des risques du métier.

La cérémonie a duré une demi-heure. Présidée par l’adjudant-chef Yann Henry, elle ressemblait aux autres Ste Barbe avec les honneurs rendus au drapeau, la lecture des noms de pompiers tourangeaux morts en service et des pompiers décédés dans l’exercice de leurs fonctions depuis le début de l’année partout en France. Une gerbe a été déposée au pied du monument aux morts de la caserne et La Marseillaise a retenti à plusieurs reprises.

A la tribune, deux courts discours : ce n’était pas le moment pour détailler les revendications, qui s’affichent par ailleurs partout sur les murs et les vitres de la caserne. Ou sur les uniformes. Quelques messages tout de même en direction des autorités : « Nous n’avons pas besoin d’être artificiellement mis à l’honneur » souligne Philippe Breton d’Avenir Secours dans l’attente de solutions concrètes des élus et de l’Etat plutôt que de discours convenus.

« On les laisse bouder. On attend qu’ils reviennent vers nous mais pour l’instant le téléphone n’a pas sonné » souligne Anthony Chauveau de la CFTC. « Nous restons dans le dialogue et le respect. Notre détermination est sans faille. » Les pompiers seront donc de nouveau dans la rue dès mardi 17 contre la réforme des retraites, une revendication qui s’ajoute à celles portées depuis cet été.

Olivier Collet