Tours

[Pouce Levé] Le compte Instagram qui dénonce les agressions de rue à Tours

Il vient de dépasser le seuil des 2 000 abonnés.

[Pouce Levé] est la rubrique d'Info Tours consacrée à l'actualité des réseaux sociaux.

----------

« Une femme a subi une agression sexuelle ici » : ici, c’est la Rue du Commerce.

« Ici une femme a subi du harcèlement de rue » : ici, c’est au croisement de la Rue Marceau et du Boulevard Béranger.

« Une femme a été victime d’une agression verbale ici » : ici, c’est Rue du Commerce.

Des messages comme ceux-ci on en trouve 16, publiés depuis le 2 août sur le compte Instagram @OuvrelesyeuxTours. Des mots tracés à la craie sur le bitume, un peu partout en ville. Pris en photo, ils sont accolés à des témoignages de victimes qui racontent ce qui leur est arrivé alors qu’elles étaient simplement en train de vivre leur vie dans la rue. Au moment de la publication de cet article, le compte a tout juste 4 mois et vient de dépasser la barre des 2 000 abonnés. C’est l’initiative d’un groupe de citoyennes et de citoyens qui se disent effarés par la complexité d’obtenir une réponse lors d’agressions dans la rue à Tours : difficultés pour porter plainte ou déposer une main courante, écoute et empathie quasi inexistantes de la part des forces de l’ordre.

Le sujet n’est pas nouveau : le gouvernement a d’ailleurs pénalisé le harcèlement de rue sous la présidence d’Emmanuel Macron, mais un policier tourangeau reconnaissait récemment que la loi n’était pas vraiment appliquée à Tours parce qu’elle nécessitait du flagrant délit. Donc quand une victime vient témoigner, les procédures aboutissent rarement. Et à en croire les témoignages relayés par @OuvrelesyeuxTours, les forces de l’ordre montrent parfois de la mauvaise volonté dès le 1er rendez-vous, expliquant par exemple à une femme qui a été suivie que ce n’est pas illégal.

« A l'heure actuelle dans la loi rien ne nous permet de qualifier cet acte, ce n'est pas puni par la loi ou défini or, c'est un problème récurrent. Le sentiment d'insécurité qui résulte de ce vide juridique est pour nous problématique. »

L’équipe d’@OuvrelesyeuxTours

Face à ce constat, le compte Instagram cherche donc à immortaliser ces lieux d’agression, tout en assurant l’anonymat des victimes : beaucoup de femmes, mais aussi des hommes. « L’idée est d’attirer le regard des gens sur ce qui se passe dans leur ville » décrivent les internautes qui gèrent la page. En cas de besoin, ils dirigent les victimes vers des associations qui peuvent les aider.

« Nous voulons créer une communauté de parole et d'action qui permettra d'agir et de s'unir face à l'injustice et l'insécurité. Nous espérons sensibiliser et toucher toutes sortes de personnes de sexes, d'âges et de classes sociales différentes. Trop de personnes sont victimes de harcèlements et d'agressions, il faut réagir mais comme toujours on est plus fort tous ensemble. »

L’ambition du compte @OuvrelesyeuxTours

Photo : @OuvrelesyeuxTours