Tours

[Sans filtre] « Rien de concret », « pitoyable » : FO37 très déçu des annonces du gouvernement pour l’hôpital

Le syndicat manifeste de nouveau à Tours ce jeudi.

Le 1er ministre Edouard Philippe et sa ministre de la santé Agnès Buzyn annonçaient ce mercredi matin une série de mesures censées répondre à 8 mois de crise dans les hôpitaux publics français marqués – notamment – par des agents en grève dans 268 services d’urgence à travers le pays. Tours, Loches ou Chinon font partie de cette liste depuis de longues semaines.

Parmi les initiatives du gouvernement, on retiendra une augmentation de crédits d’1,5 milliard d’euros sur 3 ans pour les hôpitaux, avec 300 millions d’€ budgétés pour l’année 2020. A cela s’ajoutent 150 millions d’euros pour « des investissements du quotidien » comme du renouvellement de matériel, par exemple. Comme le réclamaient plusieurs acteurs du monde de la santé, l’Etat s’engage à reprendre à sa charge une partie de la dette des hôpitaux, à hauteur de 10 milliards d’euros soit le tiers des crédits engagés par les établissements. Et puis le gouvernement espère répondre aux requêtes salariales des effectifs via une batterie d’annonces de primes dont 800€ annuels pour les agents d’Île-de-France, région reconnue comme un territoire en tension, 300€ par an « au mérite », ou encore 100€ par mois pour les personnels acceptant de se former à la prise en charge des personnes âgées.

Mobilisés depuis des semaines pour réclamer des ouvertures de lits et de postes, les syndicats attendaient avec impatience le contenu de ces annonces. En Indre-et-Loire, FO Santé n’a attendu que quelques heures pour réagir en appelant illico à un rassemblement pour ce jeudi 21 novembre à 9h devant les locaux de l’Agence Régionale de Santé à Tours, au Champ-Girault. Et ce une semaine après une manifestation qui avait rassemblé 500 personnes, dont de nombreux salariés du CHU de Tours.

« Le gouvernement n’a rien annoncé de concret : c’est un effet d’annonce. On ne résout pas les problèmes de santé du pays avec 1,5 milliard d’euros. Et pour la reprise de la dette, c’est bien gentil mais ce n’est pas avec ça que l’on va créer des postes en plus. Nous on veut des bras, et sur ça le 1er ministre ne répond pas. »

Alexandre Robert, délégué FO Santé en Indre-et-Loire.

« Je ne m’attendais pas à un miracle » indique Alexandre Robert qui dénonce au passage le déséquilibre entre les équipes travaillant en région parisienne – à qui on promet donc 800€ de prime par an – et celles « qui sont aussi en difficulté financière ici. L’Etat cherche encore la division, il ne répond pas de façon équitable : c’est pitoyable. »

Dans le détail, le représentant syndical estime aussi que ce schéma de prime voulu par le gouvernement ne va pas dans le bon sens : « Ce n’est pas suffisant, nous attendions une augmentation générale des salaires. Par ailleurs il ne répond en rien aux problèmes des Ehpad. Quand un soignant a 15 à 20 patients dans une matinée, 15 à 20 minutes pour faire une toilette, que des soignants sont seuls la nuit… Ce sont des problèmes profonds, il y a un sérieux malaise, et il n’a pas apporté de solution. »

Après le rassemblement symbolique programmé ce jeudi, le prochain rendez-vous de contestation du monde de la santé c’est le 30 novembre avec un rassemblement à Paris. Puis le 5 décembre lors de la journée interprofessionnelle contre la réforme des retraites :« Des soignants qui portent des personnes âgées ne pourront pas travailler jusqu’à 62 ans, ce n’est pas faisable » dénonce notamment Alexandre Robert pour s’opposer à tout recul de l’âge de départ.

Olivier Collet