Tours

[L’asso du moment] Elles veulent remettre la consigne du verre à la mode en Indre-et-Loire

Une expérimentation pourrait avoir lieu en 2020.

La consigne, vous voyez ce que c’est ? Par exemple au Centre Aquatique du Lac, à Tours : vous payez 5€ en échange d’un bracelet pour accéder au spa et on vous les redonne quand vous rendez l’objet à la sortie du bassin. Cela peut aussi fonctionner pour votre bouteille de jus de pomme ou votre pot de confiture de fraise : vous payez 3€ mais si vous ramenez le contenant en verre au magasin, vous récupérez 50 centimes. Une carotte pour vous inciter à ne pas jeter.

Ce système n’a rien de nouveau, mais il est peu utilisé aujourd’hui en France. Sans doute une habitude à changer selon la vingtaine de personnes engagées dans l’association Rebout’ à Tours. Officiellement lancée il y a quelques semaines, elle cherche à créer un réseau de réemploi du verre en Indre-et-Loire et plus généralement en Centre-Val de Loire.

Voici comment ça marcherait :

1 - Les producteurs s’équipent de contenants en verre spéciaux pour le réemploi - plus lourds que le verre traditionnel.
2 - Les magasins bio, épiceries vrac ou supermarchés participants appliquent une surtaxe en caisse lorsque les clients achètent ces produits
3 - Les consommateurs récupèrent l’argent en ramenant la bouteille ou le pot
4 - Le verre est envoyé dans une laveuse avant d’être redistribué aux producteurs. Il peut servir une vingtaine de fois contre 2 à 3 fois pour du verre traditionnel

Selon Cécile Anger et Mélanie Bejon de l’association ReBout’ que nous avons rencontrées, réemployer du verre est plus écologique que le système de recyclage actuel : -76% d’utilisation d’énergie, -33% d’utilisation d’eau, -79% d’émissions de CO2, pour peu que tout soit fait dans un rayon de 260km.

En 2020, la structure espère lancer une expérimentation grandeur nature avec une vingtaine de producteurs pour voir si les gens adhèrent au concept. Le prix de la consigne n’est pas encore arrêté, car avant il y a d’autres freins : encourager les producteurs à se fournir en verre plus résistant et standardisé pour que tout le réseau utilise les mêmes produits mais aussi coller des étiquettes moins résistantes pour laver facilement les contenants.

Cela fait déjà un an que ReBout’ travaille son projet. Cet été, elle a intégré un incubateur orléanais pour accéléer son développement et envisage à moyen terme de créer une société. Mais seulement si la filière est bel et bien rentable à l’échelle de la région Centre-Val de Loire. Pas impossible : des initiatives similaires ont déjà vu le jour à Toulouse ou dans les Pays de la Loire. Dans un sondage en ligne mené cet été, 86% des 1 000 personnes qui ont pris le temps de répondre se disaient également convaincues de l’intérêt de lancer une filière du réemploi du verre.

Olivier Collet