Tours

Le combat d’un père tourangeau pour la garde de son fils

Mathieu se bat pour récupérer son fils Paul, actuellement bloqué en Allemagne.

Mathieu est un père qui appelle à l’aide. Ce Tourangeau âgé de la petite quarantaine d’années, fait face depuis plusieurs mois au refus de son ex-femme de lui confier la garde de son fils, contrairement à un accord antérieur.

Pour comprendre l’histoire, il faut remonter quelques années en arrière.

Nous sommes à la fin de la décennie 2000, Mathieu vit en couple avec sa compagne d’alors, une ressortissante allemande. De cette union né Paul, en 2010. S’en suivent 6 années de vie conjugale et parentale, avant une séparation à l’amiable en 2016.

Pour le bien-être de leur fils, Mathieu et sa désormais ex-compagne, gardent une relation cordiale et décident d’une garde partagée. En 2018, la mère de Paul souhaite retourner vivre en Allemagne, dès lors se repose la question de la garde de Paul, enfant qui a vécu toute sa vie en France et est scolarisé à Saint-Avertin. D’un commun accord, les deux parents décident que l’enfant vivre une année en Allemagne, puis une autre en France et ainsi de suite jusqu’à ses 12 ans, âge à partir duquel il pourra lui-même faire son choix.

Il est prévu également dans cet accord que Paul retrouvera le parent avec lequel il ne vit pas lors des vacances scolaires.

A priori tout se passe correctement, jusqu’à cet été où la mère de l’enfant refuse que ce dernier retourne vivre avec son père en France, explique Mathieu. Pour ce dernier, s’engage dès lors une bataille visant à faire reconnaître ses droits.

« Il n’a jamais été question qu’il parte définitivement en Allemagne, c’était clair avec mon ex-compagne que tout ceci était provisoire » affirme Mathieu. Un peu perdu par les démarches à effectuer, il se rapproche alors de l’association Enfants Otages qui vient en aide à des parents en conflit avec leur ex-conjoint allemand pour les questions de garde et de visite.

« Malgré des règlements européens, l’Allemagne se réserve le droit de refuser une décision de justice prise par un autre État membre concernant la garde des enfants » explique l’association. En novembre 2018, la commission européenne avait en effet voté une résolution à l’encontre du Jugendamt (l’administration de la jeunesse), suite aux nombreuses critiques à son égard au sujet d’enfants restés sur le sol allemand.

Pour Mathieu, la situation est claire : « Mon fils est actuellement maintenu illégalement en Allemagne, j’ai d’ailleurs déposé une requête pour enlèvement international. » Le père de Paul a ainsi déposé une requête et se rendra en Allemagne le 23 octobre où une audience aura lieu. Lors de celle-ci la justice allemande étudiera la demande en retour qu'il a effectué. Un premier épisode judiciaire qui sera suivi d'un second, cette fois au Tribunal de Grande Instance de Tours en novembre, où la justice française statuera sur la garde à son tour.

Outre le traumatisme émotionnel lié à l’absence de son fils, pour le père de famille, cette tournure juridique a aussi un coût non négligeable. « J’en suis aujourd’hui à 7000 euros de frais » explique-t-il. Pour faire face aux dépenses, Mathieu a ouvert une cagnotte en ligne de soutien disponible ici.