Tours

[L’asso du moment] Après le cancer, une randonnée géante pour se rebooster

6 jours de marche autour du lac d’Annecy.

Vous avez peut-être déjà entendu parler de l’Echappée Rose : une première édition a eu lieu en 2017, entre Tours et Saint-Brévin en Loire Atlantique, « car l’objectif c’était d’atteindre le bord de mer. » Changement de décor pour la 2e épopée, cette fois direction les Alpes et le lac d’Annecy.

L’Echappée Rose c’est un projet monté par et pour des femmes en rémission d’un cancer. Cancer d’un sein le plus souvent, mais pas que. Toutes partent pour une semaine d’activités physiques et bienfaitrices en pleine nature avec un groupe d’accompagnateurs. Christine Gaumain-Massé explique la genèse de l’initiative :

« J’ai rencontré des femmes de Chambéry qui passaient à Tours au cours d’un défi sportif. Il y a tout de suite eu un coup de cœur. »

Cette femme de 60 ans touchée par un cancer du sein en 2013 entreprend alors de monter son propre événement, « pour aider les femmes à se reconnecter avec la pratique d’une activité physique régulière. »

« Pendant les traitements, toutes les femmes pensent que l’activité physique va les fatiguer alors que c’est l’inverse. »

Christine Gaumain-Massé

L’association organisatrice s’appelle Au Sein des Femmes, soit le même nom qu’une structure bordelaise à laquelle elle est rattachée. Elle n’organise qu’un séjour tous les deux ans, mais ne se limite pas à ça. Tout au long de l’année elle organise des activités pour préparer cette aventure, elle participe à des événements pour le mois de lutte ontre le cancer du sein en octobre et s’attache à maintenir le contact entre les différentes femmes qui sont passées dans ses rangs.

Lors de la 1ère édition en 2017.

Après des mois d’entraînement, le départ de la 2e Echappée Rose est donc tout proche, puisqu’il se fera samedi 21 septembre vers 7h à la gare de Tours. Le début d’une semaine intense : « on a mis dans le programme tout ce qu’on pense bon de faire dans la vie pour éviter la récidive » annonce Christine Gaumain-Massé. Marche, alimentation essentiellement végétarienne, ateliers de gestion du stress… et même sieste.

La randonnée en elle-même s’annonce comme le défi le plus intense du séjour : 5 à 6h de marche quotidienne en moyenne montagne, avec des dénivelés assez importants et une altitude maximum de 1 700m. D’où l’entraînement ces derniers mois pour des femmes qui n’avaient plus l’habitude de tels efforts et ont bénéficié de conseils des coachs des salles Les Océades, partenaires d’Au Sein des Femmes. Pour mener leur défi à bien, les 15 partantes de 35 à 68 ans (au départ elles étaient 20, avant quelques défections) seront entourées d’un guide de montagne, d’un podologue, d’un kiné-ostéopathe, de deux cuisinières, d’une naturopathe… Elles porteront le strict nécessaire sur le dos, le reste sera transporté aux camions jusqu’aux refuges où elles dormiront tous les soirs.

Une autre photo de 2017...

Chaque participante finance une partie de son voyage mais l’aventure a également été rendue possible par la mobilisation de plusieurs partenaires et une campagne de financement participatif (2 176€ récoltés, le double de la somme demandée au départ).

A leur retour, les participantes comptent bien partager leurs impressions : elles témoigneront le 5 octobre lors des manifestations d’Octobre Rose à Fondettes puis le week-end du 19-20 octobre à Esvres. Et après ? « On essaie de maintenir un lien avec des rendez-vous tous les mois » explique Christine Gaumain-Massé. Par exemple pour parler des cosmétiques ou des ondes électromagnétiques. Ou alors pour découvrir des activités comme l’aviron, l’escrime ou le yoga. Et puis il sera vite temps d’entamer la préparation d’un 3e voyage, « forcément dans un lieu différent, avec d’autres femmes » l’idée étant sans cesse d’agrandir le cercle.

Olivier Collet