Tours

L’Indre-et-Loire en manque de familles solidaires

Il en faudrait une vingtaine dans les prochaines semaines.

Comment soutenir les réfugiés titulaires d’un titre de séjour en Touraine ? Cet été l’association Entraide et Solidarités lance un appel aux Tourangelles et aux Tourangeaux pour trouver des lieux d’hébergement, en complément du travail d’accompagnement social qu’elle mène pendant plusieurs mois.

« Plus ça va, moins nous avons de familles volontaires » expliquent Lydy Dasila-Lagarto et Manon Huvey, responsables du dispositif dans le département. On en compte deux en ce mois de juillet 2019, dans l’idéal il en faudrait 25. Pas nécessairement parce qu’il n’y a plus de bonnes volontés, mais parce que la structure impose un roulement : après un accueil pouvant aller de 3 mois à un an, une famille ne peut pas recevoir immédiatement une nouvelle personne. Il faut donc en trouver de nouvelles. Un travail à part entière.

Des jeunes qui ne veulent pas rester isolés

Ces familles sont amenées à héberger des réfugiés majeurs, en situation régulière, souvent originaires d’Afghanistan, du Soudan, d’Erythrée ou d’Irak. Ils ont le droit de travailler et peuvent demander la nationalité française au bout de 5 ans. « Les personnes qui entrent dans ce dispositif ont une réelle volonté de ne pas se retrouver isolées dans un logement. Elles ne sont pas prêtes et veulent maintenir une certaine vie de famille » poursuivent les deux femmes d’Entraide et Solidarités dont le programme prend souvent la suite d’un hébergement collectif en centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA).

Une bonne solution pour apprendre le français

Le dispositif des Familles Solidaires serait ainsi « un réel atout pour l’apprentissage de la langue » en supplément des cours de français dispensés régulièrement par l’association : « on a déjà eu l’exemple d’un jeune qui a appris au contact d’un enfant qui entrait au CP. » S’y ajoutent un accompagnement social, une aide à la formation et un soutien dans la recherche d’emploi. « On peut aussi entamer des démarches pour le passage du permis de conduire » ajoutent Lydy Dasilva-Lagarto et Manon Huvey. L’ambition est d’aboutir à une autonomie après un an, avec entrée dans un logement personnel.

22 personnes réfugiées ont déjà pu intégrer un foyer solidaire en Indre-et-Loire. Souvent des jeunes hommes entre 18 et 25 ans. Au départ une convention tripartite est signée, pour 3 mois renouvelables dans la limite d’un an. Un essai de 3 jours est également programmé pour vérifier que tout le monde s’entend bien.

« Un lien indéfectible entre les réfugiés et les familles »

Aux familles, Entraide et Solidarités demande au moins une chambre exclusivement dédiée à la personne accueille, un partage d’activités… et de préférence d’habiter dans l’agglomération de Tours, vers Chinon ou Amboise afin de faciliter les transports vers les lieux de cours. Ou les rencontres avec Manon Huvey qui suit le programme au quotidien. L’hébergement est entièrement bénévole, mais il est demandé aux réfugiés de participer à hauteur de leurs possibilités (par exemple en faisant quelques courses).

« Un lien indéfectible se crée entre les réfugiés et les familles : souvent le contact est pérennisé, ils continuent de faire des choses ensemble. Les anciennes familles rencontrent également les nouvelles pour préparer une transition » se félicite Lydy Dasilva-Lagarto qui supervise l’opération depuis 2016. Prochain objectif : tenter d’organiser des colocations entre étudiants et réfugiés. Les bailleurs privés et sociaux sont en cours de démarchage.

Olivier Collet

Si le dispositif vous intéresse, contactez Entraide et Solidarités au 0637 81 87 05 ou familles.solidaires@entraide-et-solidarites.fr

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