Tours

Avant la Coupe du Monde, paroles de footballeuses tourangelles

Nous les avons rencontrées au club de Joué-lès-Tours.

Ce vendredi 7 juin 2019 l’équipe de France affronte la Corée du Sud à 21h au Parc des Princes, 1er match de la Coupe du Monde. Pas forcément favorites du tournoi, les Bleues sont tout de même considérées comme une des équipes pouvant prétendre au titre, un an après le succès des garçons lors du mondial russe. Une aventure footballistique à suivre pendant un mois, qui se joue intégralement en France et qui met en avant la pratique de ce sport par les femmes, de plus en plus nombreuses à chausser les crampons.

En Indre-et-Loire, on compte 10% de licenciées, plus que la moyenne nationale de 6%. De nombreuses équipes ont leur délégation féminine, même si le département manque un peu d’encadrement, en particulier des arbitres. Deux clubs sortent naturellement du lot : le Tours FC et le Joué Football Club. Dans la deuxième ville du département, 25% des effectifs évoluant au Stade Jean Bouin sont engagées dans les équipes féminines soit 130 filles et femmes. Et certaines viennent d’ailleurs pour profiter d’une formation reconnue.

Chloé Thomas est attaquante en équipe sénior, elle est aussi coach des moins de 19 ans :

« Ma grand-mère, ma mère et mon père faisaient déjà du football. J’ai commencé à 5 ans, attirée par l’esprit d’équipe, la cohésion. C’est un sport collectif qui permet de travailler sur la question sociale, de travailler l’état d’esprit de groupe, pouvoir compter sur les autres joueuses sur le terrain, mais aussi en dehors. »

« J’ai commencé à évoluer avec les garçons et j’ai fini avec les filles. Travailler avec les deux a été très enrichissant. Sur un terrain je me sens épanouie, j’ai beaucoup de plaisir à retrouver mes copines et faire le sport que j’aime. »

L’équipe des séniors de Joué a fini 3e de son championnat cette saison en Régional 1 :

« Je m’entraîne deux à trois fois par semaine, plus la compétition le week-end. Cette saison j’ai marqué 32 buts toutes compétitions confondues. Mon coach m’avait donné un objectif de 25, c’est une fierté, un honneur. »

« Être aussi coach, c’est transmettre ses facultés et ses connaissances, donner du plaisir aux joueuses tout en ayant des responsabilités. C’est enrichissant. Je suis une coach proche de ses joueuses, un peu gaga d’autant que j’ai peu d’écart d’âge avec elles. J’ai créé un lien de grande sœur de confidente avec elles, j’en suis fière. »

« Elles sont toutes bienveillantes entre elles et envers moi, de bonnes joueuses sur le terrain et en dehors. Ce sont des filles qui viennent avant tout pour prendre du plaisir, et puis relâcher la pression qu’elles ont lors de leurs examens, pendant les cours ou dans leurs familles. La cohésion est là, la bonne humeur et le talent aussi même si les résultats ne sont pas forcément au rendez-vous. »

« Une bonne footballeuse est d’abord bienveillante envers elle et avec son coach. C’est une personne assez altruiste qui pense au groupe tout en remplissant ses devoirs individuels : qui fait des passes, qui marque, qui a l’esprit de compétition, ramène la victoire et des points au club. »

La Coupe du Monde en France pourrait avoir un impact positif pour la discipline :

« C’est vraiment un honneur et un privilège, ça va permettre de donner un essor au foot féminin. Quand on voit qu’il n’y a déjà plus de place pour les matchs de l’équipe de France ou pour la finale c’est bon. La victoire des garçons en Coupe du Monde ou des joueuses de Lyon en Ligue des Champions ont fait parler du foot. On a beaucoup de nouvelles joueuses qui viennent essayer. C’est intéressant de les voir se lancer. »

« Je crois en l’équipe de France qui enchaîne de bons matchs de préparation. C’est une équipe très soudée, dont beaucoup de joueuses ont évolué ensemble en club. Il y a beaucoup de générations qui crée une force pour cette compétition. En face c’est relevé mais ça permet de relever le niveau du foot féminin ce qui ne peut qu’être bon pour l’image du sport. »

Anna et Asna viennent de Tours, elles ont 17 ans et elles évoluent en équipe U19 :

Anna :

« Avant le foot je faisais un autre sport, j’en ai eu marre. J’ai toujours fait du foot avec mes frères alors je me suis dit pourquoi pas. J’aime l’ambiance, la solidarité. Même si techniquement ça ne suit pas forcément, l’important c’est d’être ensemble. On défend ensemble, on attaque ensemble. Il suffit qu’une joueuse ne suive pas et ça gâche tout. Il ne faut jamais laisser tomber. »

Asna :

« Le foot c’est comme une deuxième famille. Quand on perd on est toutes ensemble, quand on gagne c’est pareil. Si je pouvais je passerais ma vie à jouer, j’en ai besoin. Je ne peux pas louper un entraînement. En plus ici on s’entend toutes bien. »

Anna :

« Tous les entraînements que je peux faire, j’y vais. S’il n’y a pas match le samedi je suis dégoûtée. »

Des filles passionnées, mais qui doivent encore faire face à des préjugés :

Anna :

« On me dit parfois que je suis un bonhomme, même un de mes profs m’a fait une remarque. Au début ça m’agaçait mais maintenant ça m’est égal, j’aime trop ça. Ceux qui me disent ça, sûr je les mange sur le terrain. »

Asna :

« Parfois on me fait remarque que faire du foot ça fait garçon manqué… Petite c’était dur, après tu t’habitues d’autant que ça se développe de plus en plus. »

La Coupe du Monde elles vont la suivre, mais pas forcément de très près :

Anna :

« Je vais regarder mais, même en faisant du foot féminin, on ne peut pas nier que l’engouement n’est pas le même que pour les garçons. »

Asna :

« Je pense que ce ne sera pas la même ambiance. Les joueuses de l’équipe de France, à part Amandine Henry, on ne les connait pas beaucoup. »

A noter que ce dimanche après-midi le Joué Football Club organise un tournoi féminin régional de 14h à 20h à Jean Bouin, et que ce vendredi le match France-Corée du Sud devait être retransmis sur écran géant au stade Guy Drut de Saint-Cyr-sur-Loire, avec une entrée gratuite mais ça a été annulé à cause de la météo.

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