Tours

Comment les pompiers de Touraine se préparent aux incendies de monuments ?

Une procédure spécifique a été mise au point.

400 pompiers mobilisés et une dizaine d’heures de lutte acharnée contre les flammes : lundi soir, l’incendie historique de Notre-Dame de Paris a nécessité l’emploi de très gros moyens. Parti des combles de la cathédrale aux 850 ans d’histoire, il s’est propagé très rapidement à l’ensemble de la toiture, cette dernière étant désormais anéantie aux deux-tiers. Il est encore trop tôt pour connaître l’origine précise du sinistre ainsi que pour expliquer son ampleur soudaine alors même qu’un plan spécifique d’intervention des secours avait été mis en place et récemment révisé dans le cadre du chantier de rénovation de l’édifice.

Que prévoient ces documents ? Pour le savoir, nous avons contacté le capitaine Anne-Marie Drouet-Picault, chef du service prévision des pompiers d’Indre-et-Loire, un département qui compte énormément de monuments historiques, notamment des châteaux et des églises.

Des détecteurs de fumée dans la charpente de Saint-Gatien

« On travaille sur deux axes : d’abord la prévention, veiller à ce qu’il y ait des dispositifs pour avoir une alerte précoce en cas d’incendie. Et puis travailler sur les consignes de sécurité pour prendre toutes les mesures en cas de travaux avec des appareils comme des fers à souder ou des chalumeaux » nous explique la professionnelle. Dans une bâtisse historique, ce sont surtout les charpentes et les planchers en bois qui posent problèmes. Quand ça brûle, il y a alors risque d’effondrement.

Si elle est moins spectaculaire que Notre-Dame, la cathédrale de Tours n’en reste pas moins un monument singulier et vulnérable. Par exemple parce que ses abords ne sont pas forcément simples d’accès pour un grand dispositif de secours. Le SDIS37 y mène en général un exercice par an, le dernier date de 2018. En général, le scénario prévoit un départ de feu dans la toiture. Dans ce cas, plus l’intervention est rapide, plus les chances de sauver Saint-Gatien sont grandes :

« Nous avons récemment installé un système de détection incendie sur l’ensemble de la charpente. Les appareils sont reliés entre eux et en connexion avec une entreprise de surveillance privée en capacité de nous alerter. Nous avons également mis en place une colonne sèche pour alimenter des lances dans la partie haute de la cathédrale afin de faciliter l’intervention des pompes. »

Anne-Marie Drouet-Picault, capitaine au SDIS37

En cas de feu, arroser le bâtiment de l’extérieur ne suffit pas forcément. Il faut alors attaquer le brasier à l’intérieur : « pour la cathédrale, un plan est en cours de réalisation pour déterminer les accès » explique le capitaine des pompiers précisant que ce type de document existe déjà pour la plupart des monuments historiques tourangeaux. On y trouve la liste des accès, les colonnes sèches, les risques spécifiques… Surtout, les secours mettent au point des procédures d’évacuation des personnes présentes de protection des œuvres.

Souvenir de l’incendie de l’église de Saint-Martin-le-Beau en 2015

On l’a vu à Notre-Dame : sauver les joyaux de la cathédrale a été la priorité, en parallèle de l’extinction. C’est pareil en Indre-et-Loire : des véhicules sont même spécialement équipés de matériel pour protéger ou démonter les éléments d’arts (bâches, tournevis, escabeau) afin de les évacuer rapidement.

De plus, un programme de déploiement de moyens est prédéfini en cas d’alerte : au moins 3 engins, et un dispositif d’ampleur en cas d’incendie avéré. Cette préparation permet une réactivité maximale en cas de réel pépin, comme cette nuit d’avril 2015 où l’église de Saint-Martin-le-Beau avait été ravagée par un incendie. Un travail avec le prêtre avait justement abouti à l’extraction d’œuvres pour les préserver, « et les résultats ont été assez positifs » selon Anne-Marie Drouet-Picault.

Olivier Collet

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