Tours

En Touraine, le déplacement très policé du secrétaire d’Etat à l’intérieur

Laurent Nunez est venu discuter, sans annoncer grand chose.

Le secrétaire d’Etat à l’intérieur a passé son après-midi en Indre-et-Loire ce lundi 14 janvier. Entre la chaude actualité des dernières semaines à Joué-lès-Tours (70 voitures brûlées en deux mois à la Rabière) et les tensions autour du mouvement des Gilets Jaunes, on aurait pu s’attendre à un déplacement ministériel offensif et ambitieux. Ça n’a pas été le cas.

Si Laurent Nunez est resté plus de 3h dans le département – avec une bonne demi-heure de discours en préfecture – il est surtout venu se montrer auprès des policiers, gendarmes et pompiers du département. C’est naturellement le rôle d’un représentant du gouvernement, à fortiori en cette période de vœux, mais on aurait pu imaginer un geste d’attention plus marqué de la part des autorités parisiennes. Il viendra peut-être… plus tard.

Laurent Nunez serre la main du maire de Joué, Frédéric Augis

Laurent Nunez s’est donc déplacé pour une mission de reconnaissance, un round d’observation. Première étape : le commissariat de Joué-lès-Tours. Sur place, gros dispositif de sécurité avec une compagnie de CRS chargée de maintenir à distance un petit groupe de Gilets Jaunes. Ça ne les a pas empêchés de crier très fort : « on nous empêche de manifester ! ». Sur leurs pancartes, des slogans ironiques en référence aux lacrymos lancés en manif (« Alors Nunez, ça gaz ? ») ou aux petites phrases d’Emmanuel Macron (« Eh Macron, on veut traverser la rue mais Nunez y veut pas »).

En avance sur son planning, le secrétaire d’Etat a d'abord signé une convention sur l’amélioration du renseignement dans les affaires de stupéfiants. Ensuite, plus intéressant, il devait discuter avec des pompiers et policiers de la ville. Sur le programme transmis à la presse, il était écrit qu’on pourrait y assister. Finalement, on nous a fait sortir.

Longues discussions avec les gendarmes

Vers 15h, épisode 2 chez les militaires. Après une séquence pour quelques photos au centre opérationnel, il faut descendre dans la cour. Là commence un long défilé. Laurent Nunez rencontre un à un les différents services de la gendarmerie, de l’identification criminelle au GIGN en passant par l’escadron chargé de la sécurité routière ou le groupement en charge de la sécurité de la centrale nucléaire de Chinon. Les élus locaux ne manquent pas de bien se placer pour apparaître sur les photos mais certains finissent par déserter le groupe pour discuter à part ou écoutent d’une oreille les yeux rivés sur leur smartphone.

A la gendarmerie

Vers 16h, on débarque en préfecture, Salon Erignac. La salle est comble, et attend Laurent Nunez qui discute en aparté avec la maire de St-Pierre-des-Corps Marie-France Beaufils. Quand il arrive, le représentant du gouvernement commence par rappeler que lui le natif de Bourges a fait 5 ans d’études à Tours dans les années 80. Il embraye dans la foulée sur les tensions urbaines, disant ne pas vouloir se résoudre à constater les incendies de poubelles ou de voitures, les rodéos urbains ou les trafics qui « minent » les quartiers.

« Venir à Tours a un sens pour remercier les agents » insiste le secrétaire d’Etat qui salue « une réponse collective exemplaire et intelligente » des forces de l’ordre à Joué-lès-Tours. Et il promet d’étudier avec la plus grande attention la candidature de la commune pour faire de la Rabière un Quartier de Reconquête Républicaine, autrement dit de lui allouer des renforts policiers.

Ce dispositif, 15 secteurs en ont déjà bénéficié l’an dernier, 30 autres s’ajouteront à la liste en 2019 au lieu de 15 comme prévu initialement. L’Indre-et-Loire a déposé 3 candidatures, le Sanitas de Tours et la Rabaterie de St-Pierre-des-Corps complétant le tableau. Laurent Nunez nous a appris que leurs « très bons » dossiers étaient rassemblés en une seule et même requête. Ce qui peut augmenter les chances de bénéficier des crédits ministériels… reste à voir dans quelle proportion.

Des élus séduits

Avant de conclure, une remarque… Dans son discours, le secrétaire d’Etat commence une phrase ainsi : « Voir la Rabière… ». Pourtant, il n’y a pas mis les pieds. Nous lui avons demandé pourquoi : « j’ai préféré rencontrer d’abord les forces de l’ordre, les élus locaux et les acteurs de terrain. J’ai rencontré également la personne en charge de la médiation dans ce quartier (le tour en 45 minutes chrono, ndlr). Vous avez raison de souligner que le contact avec les habitants est important. Là nous sommes en train de lancer un dispositif et il me paraissait important de rencontrer les acteurs de la sécurité intérieure et les élus locaux en charge de ce dossier qui vont mettre en œuvre cette politique. »

Malgré une nette volonté d'écoute et un déplacement plutôt long, le secrétaire d'Etat n'a donc pas poussé la démarche jusqu'au bout. Suffisant tout de même pour séduire les élus locaux et les agents rencontrés, qui y voient un signe fort d’intérêt de la part du gouvernement. Bref, une opération de communication réussie (conclue par une petite vidéo promo pour les Macronistes tourangeaux). Attention maintenant à bien maîtriser la suite, car les attentes sont fortes.

Olivier Collet

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