Tours

Le lobby du vélo gagne du terrain à Tours

40 000 Tourangeaux l'utiliseraient quotidiennement.

Omniprésents sur les réseaux sociaux et sur le terrain (30 journées d'animation pour le Collectif Cycliste 37 en 2014), les adeptes du vélo de Tours et de son agglo savent se faire entendre. Et il semble que cela paie. Alors qu'il existe depuis 24 ans, le CC37 a véritablement décollé ces 4 dernières années passant de 100 adhérents à 800 aujourd'hui. Trop petit, son local de 40m² laisse donc place en cette fin 2015 à des locaux plus grands situés dans le quartier Beaujardin (Impasse Nadaud), à 50m de la Rue Edouard Vaillant. Dans ces lieux, outre une forêt de vélos, on trouve de tout : les cartes pour les itinéraires dans la région, les infos sur la riche activité de l'association, un atelier de recyclage-bricolage de vieux engins... La structure, qui vient de pérenniser son second salarié, profite d'une dynamique : les déplacements doux sont à la mode en ville et Tours n'échappe pas à la règle.

C'est le président de Tour(s)Plus Philippe Briand qui lâche le chiffre : 40 000 habitants de l'agglo utiliseraient le vélo tous les jours (la communauté investit 1,2 à 1,5 million d'euros dans ce domaine chaque année). Rien qu'à Tours, il y a plus de 200km d'itinéraires cyclables et 6 400 points de stationnement nous précise pour sa part Yves Massot, adjoint au maire de Tours chargé de la circulation. Et ça a tendance à augmenter. Tours, la Touraine et le Val de Loire ont compris qu'il fallait investir dans ce domaine et que ce n'était pas seulement pour se donner bonne conscience, que ça pouvait avoir un réel impact.

"Le Collectif Cycliste 37 est un acteur essentiel. Ils sont très actifs, raisonnables et leurs propositions sont intéressantes" ajoute Yves Massot qui précise néanmoins qu'il ne veut pas "opposer les modes de transport." "La décarbonisation de Tours passe à la fois par le développement des déplacements doux et par celui des transports en commun." Bref, l'objectif politique tend vers un système incitatif mais sans contraindre tout en insistant pour un partage équitable des voies de circulation, tant que tout le monde respecte le code de la route (point sur lequel les cyclistes sont souvent pointés du doigt, en particulier depuis l'arrivée du tram).

Avec un million de cyclotouristes sur les bords de Loire, Tours et la Touraine comptent bien aussi devenir une étape incontournable des vacanciers qui pédalent. Sauf que c'est encore loin d'être le cas aujourd'hui notamment parce que la ville préfecture manque d'équipements. Voilà pourquoi les élus veulent mettre l'accélérateur sur le projet de Maison du Vélo.

Il s'agirait d'un endroit où les cyclistes pourraient à la fois trouver de l'information touristique mais aussi tout un tas de services pratiques : réparation, casiers, douches... Le dossier en est à l'étape de la recherche de locaux, dans l'idée au centre de la ville. Une piste est évoquée près de la gare. Reste à voir ensuite qui financera tout ça, et ce sera sans doute l'agglo. Philippe Briand évoque des crédits débloqués sur le budget 2017 ("2016 est déjà bouclé") mais les élus de la ville de Tours aimeraient bien aller encore plus vite pour profiter immédiatement de la manne touristique potentielle. Le vélo n'est donc pas qu'une lubie d'écolos, c'est aussi un levier économique très actuel. Pratique, désirable et désiré.

Olivier COLLET

Le Conseil Départemental lâche le Collectif Cycliste 37 :

Malaise lors de l'inauguration du local de l'association. Cette semaine, elle a appris que le Conseil Départemental d'Indre-et-Loire allait stopper ses subventions. Alors que la ville, l'agglo et la région renouvellent leur soutien. Un manque à gagner de 11 000€ car ses activités ne sont pas jugées prioritaires. L'équipe dirigeante du CC37 ne s'est pas privée de le dire tout haut devant l'assemblée. Patrick Michaud - qui représentait le département - a bien tenté de noyer le poisson expliquant quie ce n'était pas de son fait et sans vraiment pouvoir apporter d'explication. Il a simplement renvoyé l'association à traiter avec Nadège Arnault en charge de ce dossier qui, promet-il, le rééxaminera avec attention.