Tours Agglo

Ligne B du tram de Tours : « Le tramway est un projet d’aménagement du territoire »

Le sujet est revenu dans les débats de la Métropole...

Sans surprise, la question de la 2e ligne de tram a animé les débats à la Métropole ce jeudi soir. C’est Christophe Bouchet qui a allumé la mèche. Depuis plusieurs mois, l’ancien maire de Tours - pourtant favorable au tracé de la deuxième ligne en 2018 - milite pour une simple demi-ligne Tours-Chambray en priorité, et appelle à revoir le tracé vers La Riche jugé trop sinueux notamment comme il s’en était expliqué lors d’une conférence de presse cette semaine.

Par ailleurs, pour Christophe Bouchet, le tracé ne fait pas assez consensus pour être maintenu dans l’état. « Le passage en force n’est pas une bonne solution » s’est-il exprimé lors de la séance publique. « Il faut se remettre autour d’une table et retravailler, car cela permettra d’assouplir les positions des populations. Il faut relancer un petit processus qui ne fera pas perdre beaucoup de temps car les crispations qu’il y a et qu’il y aura vont sérieusement retarder la mise en travaux » a-t-il encore alerté.

"Je m'engage à maintenir le marché aux fleurs"

Les crispations que l’élu de Tours évoque ce sont les craintes autour du boulevard Béranger et du maintien du marché aux fleurs ou encore du mail central. Des polémiques qui font régulièrement l’actu, sous le poids des opposants à ce tracé.

Le maire de Tours Emmanuel Denis qui défend fermement ce tracé évoque pour déminer la polémique des « études complémentaires »pour anticiper les travaux afin qu’ils ne soient pas impactant sur les arbres du mail central. Et au sujet du marché aux fleurs, Emmanuel Denis d’assurer qu’il n’y a pas de sujet et de s’engager « à maintenir le marché aux fleurs même pendant les travaux où il pourra être mis temporairement boulevard Heurteloup avant de revenir sur Béranger. »

L’autre volet important de crispations, il se concentre surtout sur La Riche, la ville du Président de Tours Métropole. Ici, des habitants de la rue de la Mairie, contestent le tracé qui va les contraindre à quitter leurs logements et qui ne jugent pas suffisants les offres de rachat proposées.   

Pour Wilfried Schwartz, pas question en revanche de revenir sur le tracé validé. « Le projet de tramway est un projet d’aménagement du territoire » assume-t-il, tout en reconnaissant que les choses « ne seront pas toujours faciles. »

Discours similaire du côté de Christian Gatard, maire de Chambray-lès-Tours, où doit passer également cette deuxième ligne :

« Il ne faut pas arrêter la ligne à La Riche parce qu’il y a des contestations foncières, cela n’aurait pas de sens. Le tracé a été voté et validé, il faut le respecter, d’autant que c’est un véritable enjeu d’ouverture aux autres territoires qui nous jouxtent. »

Et quand aux contestations de l’estimation des biens rue de la Mairie à La Riche, celui qui est aussi vice-président aux finances à la Métropole de temporiser : « On a encore le temps de discuter des acquisitions, les travaux ne vont pas être lancés tout de suite. » Certes, mais cela va arriver vite si les élus veulent respecter le calendrier qu’ils ont fixé, à savoir une mise en service de la ligne pour 2025-2026.

Des navettes autonomes pour desservir les hôpitaux

En parlant de Chambray, s’il y a moins de débats qu’à La Riche ou Tours sur le tracé, un point est néanmoins sujet à question : le passage de la ligne par l’avenue de la République, plutôt qu’au cœur du nouvel hôpital Trousseau qui doit normalement voir le jour aussi en 2026. Pour Wilfried Schwartz, « le tramway n’aurait pas pu desservir tous les services du nouvel hôpital Trousseau car le site sera immense. »

A la place, le président de la Métropole d’évoquer des réflexions en cours avec le CHU pour la mise en place de navettes autonomes pour emmener les gens de l’arrêt de tram jusqu’au cœur du futur Trousseau. Des navettes qu’il verrait bien aussi du côté de Bretonneau où la station de Tramway la plus proche se situera à 300 mètres de l’entrée de l’hôpital.

Mathieu Giua