Tours Agglo

22 millions d’euros pour la rénovation du quartier de la Rabière

Le projet a été présenté lors d’une nouvelle réunion publique.

Après une première rénovation dans les années 2000, le quartier de la Rabière de Joué-lès-Tours va connaître une nouvelle vague de rénovation urbaine majeure, tout comme ceux du Sanitas à Tours ou de la Rabaterie à Saint-Pierre-des-Corps. Ça se fera sous l’égide de l’ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine). Cette fois c’est le secteur de la vieille Rabière, à l’est, qui est ciblé.

Le secteur de La Rabière concerné par la rénovation

Entre 2020 et 2026, le quartier est appelé à se transformer de manière importante. « Il s’agit de répondre à plusieurs enjeux : Ouvrir et désenclaver le quartier, rénover le bâti, améliorer les conditions de vie de la population, réaménager les espaces publics et diversifier l’habitat » ont indiqué les représentants des différentes institutions présentes (Ville de Joué-lès-Tours, Tours Métropole, Région Centre-Val de Loire, Préfecture d’Indre-et-Loire, Val Touraine Habitat).

Des représentants publics qui ont insisté sur le processus collaboratif du projet, à travers plusieurs réunions, des rendez-vous individuels.« Nous avons cette exigence de le maintenir tout au long de son évolution car c’est un projet pour les habitants et il doit donc être fait avec eux » a indiqué Frédéric Augis, le maire de la commune, tandis que son adjointe Valérie Turot précisait des aménagements à mettre en place suite aux avis des habitants.

Ce projet d’envergure aura un coût de 20 millions d’euros, financé comme suit :

  • ANRU : 3,5 millions d’euros
  • Métropole : 3,1 millions d’euros
  • Ville de Joué-lès-Tours : 1,9 millions d’euros
  • Val Touraine Habitat : 8,8 millions d’euros
  • Région Centre-Val de Loire 2,3 millions d’euros
  • Fonds européens : 0,4 millions d’euros

Des démolitions, des rénovations mais aussi des espaces publics revus

Dans le détail, deux bâtiments seront démolis : celui 1-11 rue du Colonel Picot (36 logements) et celui 23-25 rue de Verdun (32 logements).

En remplacement, un corridor paysager sera créé ainsi qu’un nouveau bâtiment en accession sociale à la propriété à la place de celui rue de Verdun. Ces destructions concernent 64 familles qui y vivent. Jean-Luc Triollet, directeur de Val Touraine Habitat explique que les discussions avec elles ont déjà débuté et que pour l’instant 23 familles sont déjà relogées, 6 sont en « départs volontaires », 23 autres ont souhaité être relogées dans le bâtiment neuf construit sur l’ilot Gratias, rue Picot et enfin 14 situations sont encore en attente.

« Il y a un accompagnement jusqu’à l’entrée dans le nouveau logement et ce pour chaque famille » a indiqué le directeur du bailleur social tout en précisant que Val Touraine Habitat prenait à son compte l’organisation et le coût financier du relogement : « Cela ne doit rien coûter à la famille. »

Par ailleurs, plusieurs bâtiments vont connaître une réhabilitation. Cela concerne 7 bâtiments collectifs et 8 logements individuels, soit un total de 216 logements dont certains devront être vidés le temps des travaux.

Les autres axes de la rénovation concernent les espaces publics qui seront repensés, à l’image du square Pagnol qui sera réaménagé. La place Mandela devrait l’être également même si pour l’heure les élus n’avancent pas de projet précis, expliquant vouloir un « projet collaboratif avec les habitants » et pourquoi pas un « projet artistique. »

Dans leurs discours ces derniers ont insisté sur le fait que la rénovation du quartier ne doit pas être « qu’une rénovation urbaine » mais une « opportunité pour repenser la ville dans ces complexités. »

Les espaces publics seront ainsi complètement revus sur les secteurs Picot-Foch où un corridor vert et un cheminement piétons/vélos sera mis en place entre la rue Rotière et la rue Verdun verra le jour où encore sur le secteur « Les Gemeaux » avec un réaménagement du cœur d’ilot.

« C’est l’opportunité de mettre plus de services dans le quartier » a indiqué de son côté l’élu régional Mohamed Moulay. Ces services seront notamment regroupés dans le nouvel équipement public qui verra le jour avec un accueil petite enfance (à la place de la crèche Delorme), un accueil jeunes ados (pour les activités présentes dans l’actuel Chalet qui sera détruit et enfin un point écoute parents.

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La tour Pradier sera aussi détruite

Hors projet ANRU, un autre bâtiment sera détruit : la tour Pradier, à proximité du centre aquatique Bulle d’O. Absente du contrat signé avec l’Etat, sa démolition fera l’objet d’un financement de deux millions d’euros à part. Frédéric Augis a justifié cette destruction en expliquant que l’arrivée du tramway en 2013 « avait changé son ADN et créé un enfermement de la tour avec des entrées d’immeubles très près des rails. »

La démolition prévue à partir de 2024 concernera 53 logements « dont 13 déjà vides » et laissera la place à un espace public qui reste à définir pendant la concertation. « Nous voulons donner une respiration urbaine et permettre également plus de sécurité » a précisé le maire de la ville.