Touraine

En Indre-et-Loire, des élus inquiets face à la hausse des prix de gestion des déchets

Ils réfléchissent à une solution commune pour tout le département.

La gestion des déchets est loin d’être la panacée en ce moment pour les élus locaux. Le sujet inquiète même, suffisamment pour rassembler autour d’une même table tous les présidents des communautés de communes du département ainsi que le président de Tours Métropole.

C’est au sein de cette dernière intercommunalité que le sujet de la gestion des déchets est arrivé dans le débat public le mois dernier, suite au vote lors du budget primitif 2021 d’une hausse des taxes d’ordures ménagères, de 35 euros par an et par ménage en moyenne. Et Tours Métropole n’est pas la seule concernée.

Explications de Vincent Morette, président de la Communauté de Communes Touraine-Est Vallées :

« C'est un sujet qui préoccupe tout le monde et pour deux raisons : d’une part l’augmentation de la part de l’Etat de la TGAP (Taxe Générale sur les Activités Polluantes), qui passera de 17 euros en 2020 à 65 euros la tonne en 2025 et d’autre part car la collecte et la valorisation coûtent de plus en plus chères et que la vente des produits valorisés rapporte de moins en moins. »

En clair : les ordures ménagères non-recyclées, celles-mises dans les poubelles ou sacs noirs posent problème.

En Indre-et-Loire elles sont aujourd’hui encore majoritairement enfouies dans deux centres à Sonzay et à Chanceaux-près-Loches, deux sites arrivant à saturation et qui doivent fermer respectivement en 2029 et 2024, soit demain pour ainsi dire.

Seule autre solution dans le département se trouve sur le Chinonais avec une UVOM (Usine de Valorisation des Ordures Ménagères) via le procédé de méthanisation qui permet de chauffer le centre hospitalier de Chinon et lui faire économiser « 800 000 euros par an » selon Jean-Luc Dupont, le président de la Communautés de communes Chinon Vienne Loire.

Le hic : cette usine va certainement fermer en 2025 car elle ne répond plus aux critères souhaités notamment par le schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET) qui lie les intercommunalités, la Région et l’Etat. Un véritable souci pour Jean-Luc Dupont :

« Le législateur impose ces taxes et nous demande de les prélever tout en imposant aux collectivités de trouver des solutions et en y ajoutant des contraintes. »

Le problème c’est que face au mur de la hausse des prix des déchets qui va impacter les particuliers, aujourd’hui il n’y a aucune solution alternative mise en chantier. La dernière, un projet dit UVOM sur la commune de Mettray, a été abandonné lors du précédent mandat. Un acte manqué qui coûte cher aujourd’hui puisque depuis, le SRADDET se montre particulièrement contraignant, en fermant la porte à tout nouveau projet sur le territoire régional.

Un investissement de 60 à 70 millions d'€ nécessaire ?

Un non-sens pour l’ensemble des élus départementaux réunis autour de la table ce mardi, qui pointent comme paradoxe si cela restait en l’état le fait que les déchets ménagers du département seraient dans ce cas traités ailleurs, "à Chartres ou Blois" avec des déplacements longs et coûteux. Impossible pour Wilfried Schwartz, le président de Tours Métropole qui rappelle l’intention de l’intercommunalité qu’il dirige de « continuer à gérer ses déchets. »

Pour y arriver, de nouvelles réflexions sont lancées, afin de répondre aux besoins de tout le département cette fois, car le problème est bien à cet échelon.

Ce qui pourrait se dessiner c’est une Unité de Production d’Energie Verte (UPEV), d’un investissement de plusieurs de dizaines de millions d’euros (une fourchette de 60-70 millions certainement) mais permettant de répondre aux contraintes du SRADDET justement en y intégrant un retraitement des déchets verts mais aussi la transformation en combustibles pour le chauffage des déchets voire en unité de production hydrogène.

Une ambition partagée par toutes les présidentes et présidents des intercommunalités du département, soucieux de trouver une solution commune à un problème épineux et pour lequel ils devront faire preuve de beaucoup de pédagogie pour l’expliquer aux habitants. « Il faut être honnête avec les contribuables, le but est de limiter la hausse du prix des traitements des déchets tout en travaillant sur leur réduction dans le même temps » a ainsi expliqué Vincent Morette.  

Mathieu Giua