Touraine

[Face à face] Eoliennes en Sud-Touraine : les opposants manifestent à Tours

Contre l’implantation de 8 mâts de 200m de haut au Petit-Pressigny.

[Face à face] c’est une rubrique d’Info Tours qui s’intéresse aux dossiers d’actualité qui font polémique en Indre-et-Loire. Dans un même article vous avez toutes les opinions sur un même sujet.

Alors que le maire de Tours espère développer rapidement des projets de parc photovoltaïque dans l’agglomération, une autre énergie renouvelable ne parvient toujours pas à se développer en Indre-et-Loire. Le département ne compte aucune éolienne sur son territoire, les projets échouant les uns après les autres ou traînant dans la durée en raison de la résistance des opposants.

Celui qui fait polémique en ce moment concerne la commune du Petit-Pressigny… On pourrait le dire bien avancé : l’enquête publique nécessaire avant toute installation est terminée, la préfecture vient même de valider le dossier.

« 27 tours Montparnasse en Sud-Touraine ce n’est pas possible »

C’est sans compter sur un noyau d’opposants actif et déterminé qui compte se mobiliser de toutes les façons possibles. Ce jeudi, il appelait à une manifestation à Tours en marge d’un rendez-vous avec les services de l’Etat : « La majorité des habitants sont défavorables à ce projet et la préfecture est passée outre » lance le porte-parole du collectif, Dominique Vandeweghe, président de l’APEP (Association de Protection de l’Environnement Pressignois). A ses côtés, plusieurs maires du Sud-Touraine. L’homme craint « une défiguration complète de la Touraine du Sud » :

« Ce ne sont pas seulement 8 éoliennes qui sont en projet au Petit-Pressigny mais 27 en ajoutant les deux autres projets de 14 et 5 éoliennes au niveau de la commune de Charnizay, Vou et La Chapelle-Blanche-Saint-Martin. On va se retrouver avec 27 tours Montparnasse ce n’est juste pas possible. »

Le bénéfice d’une énergie renouvelable ou la promesse de retombées économiques positives pour la commune ne font pas d’effet auprès de ces riverains. Pour dire non aux éoliennes, ils utilisent toujours les mêmes arguments : la crainte de gâcher le paysage et une baisse de la valeur des maisons : « Le tourisme va en prendre un coup. Une maison à vendre au Petit-Pressigny en face du projet intéressait des Parisiens qui voulaient ouvrir un centre de balnéothérapie. Ils n’ont pas confirmé quand ils ont su qu’il y avait le projet éolien. »

Un projet qui a aussi ses défenseurs

Avant même de rencontre la préfecture, l’APEP annonce donc le dépôt d’un recours en justice : « Il y a quelque chose de litigieux sur la zone d’implantation. La commune du Petit-Pressigny fait partie du schéma régional d’implantation éolien mais pas le site du projet » nous dit Dominique Wandeveghe. Argument contesté par Flora Pastre, chef de projet pour les éoliennes du Petit-Pressigny :

« Le schéma donne des limites indicatives. Par ailleurs on n’est plus obligé de le suivre si on démontre que le chantier s’insère hors d’une zone de blocage. Nous avons mené toutes les études nécessaires (environnement, aéronautique…), le projet convient aux exigences de toutes les commissions et il n’y a pas d’enjeu rédhibitoire. Ses impacts sont faibles et acceptables. »

Porté par la société Windivison qui exploite déjà 3 parcs éoliens (plutôt dans l’Est de la France), le projet du Petit-Pressigny verra au mieux le jour à l’horizon 2022-2023 et il faudra compter 1 à 2 ans de plus si la justice s’en mêle. Les éoliennes feront bien au maximum 200m de haut avec des pales de 150m d’envergure pour une puissance de 4,5mega watts. « Nous n’avons pas encore choisi le modèle car nous attendons de voir les dernières évolutions technologiques mais nous avons établi le gabarit avec les habitants. Nous ne sommes pas tellement habitués aux recours car nous préparons nos dossiers dans la concertation » assure Flora Pastre qui relève que « parmi les 45 personnes vivant dans le périmètre de 2km autour des futures éoliennes, et qui se sont exprimées au cours de l’enquête publique, 30 se sont déclarées favorables au projet. »

2km, c’est la distance minimale entre le parc et le bourg du Petit-Pressigny, la maison la plus proche se trouvant à 504m d’un mât (la limite légale est de 500m) : « ses habitants font partie des soutiens » garantit la représentante du promoteur qui va poursuivre ses études et demandes préparatoires aux travaux malgré l’annonce du recours en justice.

En attendant, ce jeudi matin, la manifestation contre le projet a rassemblé environ 80 personnes devant la Préfecture d'Indre-et-Loire, avant qu'une délégation d'élus ne soient reçue par les services de l'Etat.