Touraine

La Région Centre-Val de Loire va salarier 150 médecins pour lutter contre la pénurie

La région est actuellement une des plus mal loties

Avec près d’un médecin sur deux (48% selon l’UFC Que Choisir) ne prenant plus de nouveaux patients sur son territoire, des délais de spécialistes particulièrement longs (entre 3 et 6 mois pour les gynécologues par exemple, 118 jours pour un ophtalmologiste selon une enquête Ipsos pour les opticiens), la région Centre-Val de Loire est aujourd’hui une des régions de France où l’accès aux soins est le plus compliqué.

Une situation particulièrement tendue en zone rurale mais qui touche également de plus en plus les pôles urbains. Pour faire face, le Conseil Régional et son président François Bonneau ont décidé de faire de la santé une priorité du mandat et ils ont lancé le plan « 100% santé » depuis Tours fin novembre.

Salarier 150 médecins d’ici 5 ans

Principale mesure annoncée : le salariat de 150 médecins, pris en charge par la Région. La mesure existe déjà, à l’échelon départemental ou communal, par exemple en Indre-et-Loire à Saint-Pierre-des-Corps, mais elle est unique à l’échelle régionale, d’autant plus avec une telle ampleur.

D’ici 5 ans, la Région envisage ainsi de salarier 30 médecins par an, pour arriver à un total de 150. En clair, la Région deviendra l’employeur de ces médecins. Pour le président régional, le financement est possible via les remboursements de la sécurité sociale que la Région en tant qu’employeur récupérerait. Il lui resterait à charge un coût estimé au maximum de 18 000 euros par médecin et par an.

Des médecins intégrés dans des « centres régionaux de santé »

Le deuxième volet de cette mesure est la création d’une trentaine de « centres régionaux de santé » dans des territoires en tension. Des centres dans lesquels le président de la Région espère notamment attirer les jeunes médecins diplômés. L’idée est donc de travailler sur l’accès aux soins à travers l’aménagement du territoire afin de réduire les inégalités territoriales et sociales. Et pour y arriver, la Région espère bien convaincre les autres collectivités de participer, tout comme l'Etat car pour le président de la Région : "la santé doit être une priorité absolue."