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Coronavirus : les masques uniques de l’artiste tourangeau Cédric Marcillac

Il les confectionne depuis le début du confinement.

Tout est parti d’une conversation avec une copine infirmière : « Elle se plaignait de ne pas pouvoir porter de masques. » Puis ce sont les clients habituels de ses peintures qui se sont manifestés. Ces dernières semaines, l’artiste tourangeau Cédric Marcillac enchaîne les fabrications de masques en tissu depuis son atelier : « Je suis le patron du CHU de Grenoble avec deux faces en tissu et une face en polaire » raconte l’homme qui a longtemps travaillé dans le monde de la couture (25 ans de carrière !).

A raison de 12 à 15 masques par jour, Cédric Marcillac a déjà réalisé près de 200 unités et publié le résultat sur son compte Instagram au fil des jours « mais le manque de matière arrive » nous dit-il au téléphone, évoquant des journées particulièrement chargées et un stock de tissus qui diminue à vue d’œil. S’il n’a pas hésité à reprendre la couture pour faire face aux besoins sanitaires actuels, l’homme déplore les réactions parfois désobligeantes auxquelles il a dû faire face :

« Certaines personnes sont agressives, me parlent comme un chien. Quand j’explique aux gens qu’il y a une semaine de délai ils trouvent ça insupportable. Je retrouve ce que j’avais quand je bossais dans la couture, un certain manque de respect. C’est justement pour ça que j’avais arrêté. »

Si le port du masque devient obligatoire ou très fortement encouragé dans les prochains mois, certains modèles en tissu se distingueront donc par leur originalité : de grandes bouches, des couleurs vives… « Si ça peut amener des paillettes dans les yeux et encourager les autres à nous regarder d’une façon plus drôle c’est bien » espère Cédric Marcillac, à une heure où les gens sont capables de changer de trottoir pour garder leurs distances dans la rue. Mais attention : il ne privilégie pas le style à l’efficacité, mettant d’abord en avant le respect du protocole sanitaire de ses masques, qu’il conseille d’ailleurs de laver au savon de Marseille plutôt qu’à la machine.

Une fois qu’il aura stoppé ce marathon de masques, Cédric Marcillac espère profiter de cette période de confinement pour reprendre d’autres créations artistiques, en privilégient l’humour et le côté ludique qui lui sont chers : « Il y a de grandes chances que cette période soit génératrice de création mais il faut voir les choses de façon positive sinon on risque d’avoir des pelletées bien glauques. »