St-Pierre-des-Corps

Semaine de 4 jours confirmée à Saint-Pierre-des-Corps : la ville dévoile ses projets

Des orientations déjà contestées.

A peine élu à l’été 2020 Emmanuel François annonçait la couleur : le maire de Saint-Pierre-des-Corps voulait le retour à une semaine de 4 jours dans les écoles de sa ville. Un temps envisagée dès septembre, cette évolution d’emploi du temps a été reportée à la rentrée 2021. Les conseils d’écoles ont été consultés : 11 d’entre eux valident le projet, à l’exception d’Henri Wallon qui n’est pas contre mais demande un aménagement des horaires de classe (par exemple des cours qui commenceraient dès 8h au lieu de 8h30 dans les autres établissements).

Se sentant soutenue dans sa volonté, la mairie a donc fait une demande de dérogation à l’Education Nationale et le conseil municipal a mis le sujet à son ordre du jour ce jeudi.

Pour justifier son choix, la municipalité s’appuie sur un diagnostic réalisé avec la Ligue de l’Enseignement : « Avec le rythme actuel on constate des difficultés d’apprentissage, une fatigue importante et un fort taux d’absentéisme le mercredi matin, entre 20 et 40% dans certaines écoles notamment en maternelle » argumente l’adjoint au maire chargé de l’éducation Amin Brimou.

Un catalogue d’activités présenté en juin au plus tard

Le plan de Saint-Pierre-des-Corps est donc de faire comme Tours, Joué-lès-Tours et la quasi-totalité des communes d’Indre-et-Loire c’est-à-dire des cours les lundis, mardis, jeudis et vendredis (8h30-11h30 puis 13h30-16h30). « L’accueil périscolaire continuera d’être assuré dès 7h15 le matin et jusqu’à 18h30 le soir. Nous allons également créer une étude surveillée pour tous les enfants entre 16h30 et 18h » explique l’élu. Objectif annoncé : « Lutter contre les fractures sociales et ne laisser aucun enfant sur le bord du chemin. »

Et pour le mercredi, quel programme ? La ville promet de publier un catalogue complet d’ici le mois de juin « avec trois parcours : sports et loisirs, culture et art, nature et découverte et en s’appuyant sur l’importance du tissu associatif. » Les familles pourront s’inscrire pour un trimestre ou toute l’année mais aussi choisir entre un accueil à la demi-journée ou sur la journée complète (avec service de restauration le midi). Certaines activités seront mêmes ouvertes aux parents, « pour qu’ils puissent partager des moments avec leurs enfants. » Le tout se passera dans 3 sites d’accueil déjà sélectionnés : Marceau-Courier, Pierre Semard et Stalingrad.

La mairie va recruter ses propres animateurs

De la maternelle au CM2, Saint-Pierre-des-Corps compte 1 700 élèves dans ses écoles. Elle en accueille actuellement 150 sur différentes activités le mercredi après-midi et table sur une fréquentation deux fois plus élevée à la rentrée notamment grâce à une nouvelle grille tarifaire « avec des tarifs dégressifs dès le 2e enfant » (en moyenne les foyers corpopétrussiens comptent 2,3 enfants, et deux fois plus dans les quartiers prioritaires).

 

Pour mener à bien ce plan, la mairie compte changer son mode de fonctionnement. Finis les appels d’offres… Elle veut tout gérer en direct, ce qui passerait notamment par un recrutement des employés actuels du Patronage Laïque. Une éventualité défendue par Amin Brimou :

« En internalisant on garantit un temps plein, des formations et des évolutions de carrière. »

La perspective crée néanmoins des inquiétudes et devrait déclencher un débat houleux au conseil municipal. Dans l’opposition, Cyrille Jeanneau (PS) dénonce déjà un projet « mal préparé » et une délibération « fourre-tout » sur les rythmes scolaires. Il s’inquiète par exemple de savoir ce qui sera proposé à tous les enfants qui ne s’inscriront pas aux activités du mercredi. Même préoccupation pour Michel Soulas (PCF) : « Aujourd’hui avec les TAP on touche 1 350, 300 à 350 avec le nouveau dispositif. Quid des 1 000 qui disparaissent des écrans radars ? » Même s’il soutient le passage en régie municipale pour l’animation, il redoute également une dizaine de suppressions de postes au Patronage Laïque : « On attend des réponses, il ne faudrait pas que ça se termine par des pertes d’emplois. »

Olivier Collet