St-Pierre-des-Corps

MUNICIPALES : La fin de 100 ans de communisme à Saint-Pierre-des-Corps

Emmanuel François sera le nouveau maire.

Sa liste s’appelle Saint-Pierre Autrement. En effet, l’ambiance va changer dans la mairie d’une des principales villes de Tours Métropole. Ce dimanche soir, Emmanuel François a terminé en tête du 2e tour des électeurs municipales à Saint-Pierre-des-Corps et sera donc élu maire dans quelques jours par le nouveau conseil municipal.

Ce médecin de profession qui a un cabinet dans le quartier de la Rabaterie a rassemblé 40,37% des suffrages soit 1 736 voix, 239 de plus que le communiste Michel Soulas, proviseur du lycée Martin-Nadaud. Soutenu par la maire sortante Marie-France Beaufils qui avait décidé de ne pas se représenter après plus de 40 ans de vie politique, il termine donc 2e avec 34,81% des voix.

Les résultats en nombre de sièges au conseil municipal : 24 sur 33 pour l'équipe d'Emmanuel Françoois, 6 pour celle de Michel Soulas, 2 pour celle de Cyrille Jeanne et 1 pour François Lefèvre.

La division de la gauche a clairement joué sur le résultat final. Ainsi, le socialiste Cyrille Jeanneu termine 3e avec 15,14% des suffrages soit un chiffre comparable à celui réalisé au 1er tour par sa liste J’aime Saint-Pierre. 4e de ce scrutin, le candidat de la liste écologiste et citoyenne Agir Ensemble François Lefèvre avec 9,67% des voix, soit un chiffre plus faible qu’au 1er tour où 7 listes étaient en compétition.

Une très forte abstention

Soutenu par des personnalités de droite et du centre comme le président du Conseil Départemental Jean-Gérard Paumier ou la députée Sophie Auconie, Emmanuel François est classé divers droite par la préfecture mais se revendique apolitique. Sa victoire met fin à l’hégémonie communiste corpopétrussienne établie il y a un siècle et devrait permettre à Philippe Briand (maire Les Républicains de Saint-Cyr-sur-Loire) de conserver la présidence de l’agglomération malgré la victoire des écologistes à Tours. Néanmoins, il est assez mal élu car ne recueille les voix que de 16% des inscrits en raison d’une abstention conséquente de 58,88%.

Pour former sa liste, Emmanuel François s’est entouré d’une équipe aux profils variés : l’ancienne journaliste Laurence Lefèvre est sa N°2, le professeur en médecine Christian Bonnard N°3, la médiatrice sociale Eloïse Drapeau N°4… La benjamin de l’équipe est une étudiante en médecine de 19 ans (Marilou Lambert-Sanchez) et la doyenne une retraitée de 72 ans (Jeannine Roy). 

Quel programme pour la ville ?

Parmi les mesures qui pourraient être appliquées très vite : la création d’un conseil municipal des enfants et d’un conseil municipal des jeunes. Mais aussi, dans un autre domaine, un plan pour sécuriser un rond-point jugé dangereux sur l’Avenue Jacques Duclos, entre Montlouis et les Atlantes. Dans le domaine de l’éducation, Emmanuel François plaide pour un retour à la semaine de 4 jours en profitant du mercredi ainsi libéré pour proposer aux enfants des ateliers autour du développement durable ou la communication non violente. L’un de ses grands projets consiste à réinstaller une cuisine dans chaque école de la ville et de garder une mini cuisine centrale dédiée au portage de repas pour les séniors ou l’approvisionnement des centres de loisirs :

Dans la série des projets phares, Emmanuel François et sa liste plaident pour des crèches ouvertes plus longtemps, notamment pour les parents qui travaillent de nuit. Ils veulent des classes à horaires aménagés musique à l’école, un poumon vert à la Rabaterie, une guinguette au bord du Cher, une nouvelle sortie de l’A10 au niveau des Alantes, plus de pistes cyclables et de bancs en ville mais surtout une grande maison de santé avec 4 médecins généralistes assurant des urgences de 8h à 20h, une sage-femme, un dentiste, un kiné…

 Le projet de la liste comporte la création d’une équipe de 6 policiers municipaux « pour renouer le dialogue avec les citoyens » mais aussi l’installation de caméras de surveillance et « une fourrière efficace » pour enlever les voitures ventouses. Le projet de rénovation du quartier de la Rabaterie (avec 21 millions d’€ de subvention de l’Etat) serait revu pour ne pas créer de nouveaux logements mais plutôt un grand bâtiment circulaire avec un centre social et la concentration de différents services au public.