Sport

[En forme] Arts martiaux : Le MMA à la conquête de la France

Rencontre avec Florian Rousseau, fondateur du MMA Fight Club de Saint-Cyr-sur-Loire

Jusqu’à présent, bien que de plus en plus populaire à travers le monde, le MMA (Mixed Martial Arts), sport mélangeant différents arts martiaux et sports de combat comme la lutte, le jiu-jitsu, le judo, la boxe… reste interdit en France en compétition. Deux raisons à cela : il est jugé trop violent par les autorités et est pénalisé par les pressions de certains autres sports de combat voyant en cette discipline nouvelle une concurrence auprès de la jeune population de plus en plus séduite par le MMA.

Depuis plusieurs années, le MMA tente malgré tout de sortir de l’ombre pour obtenir une reconnaissance officielle. Pour l’heure sans celle-ci, les clubs de MMA sont obligés de se débrouiller. Si au niveau des entraînements chaque club propose ses activités avec un travail sur les différentes disciplines intégrées à leur sport, les galas dans l’hexagone restent interdits. Plus précisément ce sont les combats avec frappes au sol qui le sont. Les combattants s'affrontant dès lors dans des disciplines proches comme le Pancrace (sur un ring et sans frappes au sol).

Au MMA Fight Club de Saint-Cyr-sur-Loire, créé et dirigé par Florian Rousseau, le club est affilié à la Fédération Française de Kenpo.  Une situation qui pourrait évoluer rapidement. Au premier janvier prochain, le MMA sera en effet officiellement reconnu comme une pratique sportive en France. D’ici quelques semaines on connaîtra ainsi la fédération de sports de combat qui prendra la tutelle pour encadrer la pratique du MMA pour les deux prochaines années, délai d’observation donné, avant la mise en place éventuelle d’une fédération autonome.

Un début de reconnaissance qui doit favoriser un boom de la discipline. « On le sent déjà » explique Florian Rousseau qui pointe une hausse importante des adhérents depuis la rentrée. « Tous nos créneaux sont pleins. » Une officialisation qui ouvre la voie à d’autres perspectives également selon notre interlocuteur. « Nous voyons ce sport dans toutes ses dimensions, sportives ou sociales. » Le MMA Fight Club propose en effet outre ses entrainements classiques, des interventions auprès d’enfants handicapés, d’enfants en difficultés avec des troubles du comportement ou encore développent des cours de self-défense, notamment à destination des femmes ou prodiguent des formations prévention de la violence. Un axe social que Florian Rousseau souhaite renforcer.

La légalisation permettra également aux clubs de mieux se structurer et "d’organiser leurs propres galas" nous dit-il. De quoi offrir une vraie visibilité à ce sport complet.