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[Sans filtre] « Il faut que les loyers des commerçants soient gelés »

C’est l’avis de Sylvain Debeure, président de la Fédération Départementale des Unions Commerciales d’Indre-et-Loire.

Sylvain Debeure est le président de la Fédération Départementale des Unions Commerciales d’Indre-et-Loire (FDUC). Alors que les commerces sont maintenant fermés depuis plus de dix jours, il fait le point sur la situation dans le département.

Bonjour, avez-vous des retours sur la situation des commerçants depuis le début du confinement ?

Sylvain Debeure : Non, tout simplement parce que la situation est simple, les commerces sont fermés, donc il n’y a pas de chiffre d’affaires qui rentre. C’est très dur. Si je prends l’exemple des fleuristes, ils ont dû fermer du jour au lendemain, sans pouvoir se retourner et vendre même à prix cassés leurs marchandises qu’ils ont dû jeter.

Vous prônez l’arrêt des loyers pour les locaux commerçants.

Sylvain Debeure : Nous demandons un effort sur les loyers. Les commerçants ne peuvent pas travailler aujourd’hui, nous sollicitons donc les propriétaires pour qu’ils offrent les loyers le temps du confinement en partant du principe qu’ils seront eux aussi moins perdants au bout du compte car ils permettront aux commerces de survivre. Si les commerces ferment finalement, ce sont autant de loyers qu’ils ne toucheront plus demain.

Vous avez des grandes craintes de fermetures de commerces ?

Sylvain Debeure : Il faudra regarder au cas par cas mais ceux qui étaient déjà en souffrance risquent de trinquer en premier.

Les aides proposées par l’Etat sont-elles suffisantes ?

Sylvain Debeure : Il faudrait des aides plus conséquentes. La prime de 1 500 euros est un geste mais cela reste un feu de pailles. Les reports des échéances oui c’est bien, mais quand les gens vont rouvrir il va falloir qu’ils refassent du chiffre d’affaires et il va falloir étaler sur des mois voire des années pour payer les arriérés. Il faudra un plan d’épurement des charges adapté aux situations.

Que pensez-vous de la décision de fermer les marchés par le gouvernement mais de laisser des dérogations possibles ?

Sylvain Debeure : La dérogation est importante, si je prends l’exemple de Fondettes où je réside, il a été décidé par le maire de garder un marché sur deux le dimanche avec des mesures spécifiques. C’était la bonne solution. La fermeture totale des marchés serait très dommageable.