Indre-et-Loire

Terres du Son : un dispositif de protection contre les violences au festival

Il est mis en œuvre pour la première fois.

C’est un message collé juste sous le bar du festival Midi Minuit par Terres du Son, organisé jusqu’à mercredi 14 juillet à Monts. « Des capuchons de verre anti-intrusion sont à votre disposition, demandez-les ! » Les mots interpellent et on a eu envie d’en savoir plus. En fait, il s’agit de couvercles semblables à ceux que l’on peut mettre sur les gobelets de fast food. Fabriqués en latex, ils se calent sur les écocup et sont équipés d’une petite fente façon paille pour boire tranquillement sa bière, son vin ou son soda.

On insiste sur le mot tranquillement. En obstruant la quasi-totalité du verre, ce couvercle empêche qu’on y glisse quelque chose, par exemple un comprimé de GHB, « la drogue du violeur », souvent mise en cause dans des agressions sexuelles. Mais cela peut aussi être d’autres substances. « C’est un problème que l’on a déjà eu sur des festivals » explique une bénévole de l’association Stop Harcèlement de Rue de Tours qui tient un stand sur l’éco-village.

Le risque existe, il peut inquiéter une partie du public, donc l’ASSO réagit en mettant en place ce dispositif même si c’est encore à titre expérimental et en quantité assez limitée. « Notre ambition c’est de travailler avec Terres du Son pour amplifier les mesures contre le harcèlement ou les agressions » poursuit la bénévole qui échange depuis plusieurs mois avec l’organisation.

Des projets pour l'avenir

Impactée par la crise sanitaire, l’édition 2021 de Terres du Son n’est pas forcément la meilleure pour mettre en place des actions d’ampleur mais l’apparition du couvercle est déjà un premier pas. Dans l’avenir, Stop Harcèlement de Rue réfléchit à d’autres possibilités comme la création d’une « zone safe » où des personnes pourraient se réfugier en cas de harcèlement ou d’agression sexiste, homophobe voire handiphobe. Il est aussi question de sensibiliser les équipes de sécurité à ces problématiques.

En attendant, l’association mobilise des bénévoles tous les jours, en proposant par exemple de témoigner des situations vécues sur des post-it collés sur un mur de la honte qui en répertorie déjà des dizaines. On peut également apposer des épingles sur une carte de Tours, selon le lieu où on a eu un problème. Enfin, des badges créés par le staff peuvent être acquis afin de soutenir la démarche.

Olivier Collet / Photos : Claire Vinson et Delphine Nivelet