Indre-et-Loire

[Appli locale] Un étudiant tourangeau crée l’appli parfaite pour les petites communes

Déjà utilisée à Azay-sur-Cher, Mettray ou Saint-Martin-le-Beau.

Théo Guidoux a 22 ans, il est originaire d’Azay-sur-Cher et étudie à l’INSA Centre-Val de Loire, une école d’ingénieurs basée à Bourges. Sa spécialité : la cybersécurité (il est présentement en stage pour une entreprise américaine). A côté de ça, le jeune homme est entrepreneur, notamment créateur d’applications. Son bébé s’appelle AppCom, un service dédié aux mairies de petites communes. « Au début de mes études j’avais créé l’application du lycée Grandmont à Tours puis j’ai imaginé celle d’Azay-sur-Cher » explique-t-il. C’était il y a environ 4 ans, après une mésaventure : « J’avais raté un événement que j’aime bien, le feu de la Saint-Jean. C’est de ma faute, je n’avais pas vu l’info. »

Pour que ça n’arrive plus, Théo se lance dans la conception d’un programme qui serait capable de concentrer toutes les informations pratiques ou ludiques de son village de l’Est-Tourangeau. « J’ai montré le travail à mes parents qui m’ont dit d’aller voir la mairie. Les élus m’ont accueilli à bras ouverts, très contents qu’un jeune ait créé une application pour sa commune. » Le maire et ses adjoints étudient le dossier et le critiquent afin d’améliorer le service : « Je suis revenu les voir au bout d’un an avec la version actuelle, prête à être commercialisée. »

Plus pratique qu'un site web ou une page Facebook ?

L’étudiant travaille sur son temps libre, en parallèle de ses cours. Son programme – téléchargeable gratuitement – est une sorte de mini site Internet sur lequel la municipalité publie des articles dès qu’elle a quelque chose à dire. « En moyenne il y a deux à trois publications par semaine, un peu plus en temps de Covid » souligne Théo Guidoux qui a déjà séduit une douzaine de villages : Azay-sur-Cher, donc, mais aussi Mettray et Saint-Martin-le-Beau en Indre-et-Loire, Vaux-sur-Mer en Charente-Maritime ou encore un village situé près de Dijon. A noter qu’il n’est pas tout seul sur le marché : l’appli Panneau Pocket est sur le même créneau, « mais s’adresse plutôt à des communes de moins de 1 000 habitants. Pour ma part je cible surtout celles de 1 000 à 8 000 habitants. »

Alors pourquoi utiliser AppCom plutôt que passer par une page Facebook ou un site Internet ? « Le site, beaucoup d’habitants ne vont pas le voir et souvent il faut pas mal chercher avant de trouver l’information dont on a besoin » explique le jeune homme.

Déjà 4 000 téléchargements

Pour lui, l’avantage du smartphone c’est évidemment les notifications envoyées à chaque publication (pour peu qu’elles soient activées, sinon l’appli devient vite un fantôme perdu sur le téléphone). Et si vous avez peur de l’overdose de sollicitations, « il est possible de choisir les catégories d’informations que l’on veut recevoir » indique le créateur qui compte 4 000 téléchargements depuis le lancement de son outil… en attendant de convaincre d’autres territoires (Saint-Avertin, Fondettes et Saint-Paterne-Racan auraient fait part de leur intérêt). C’est gratuit tant qu’on est en crise Covid. Ensuite comptez 300 à 800€ par an selon le nombre d’habitants (et plus au-delà de 2 500 personnes).

« Pour les communes l’utilisation est simple. Elles publient leurs articles et valident ceux qui sont proposés par d’autres comme leurs clubs de sport, par exemple pour annoncer un tournoi de tennis. Elles envoient aussi des rappels pour les gestes barrières ou en cas de changement de jour du ramassage des déchets » poursuit Théo. « J’ai aussi créé une intelligence artificielle qui repère des articles sur Internet, intègre le lien et qu’il suffit de valider pour les ajouter. » Une créativité récemment récompensée par le prix Pépite Centre, dédié aux étudiants entrepreneurs.

Olivier Collet

Pour télécharger AppCom, c’est par ici.