Indre-et-Loire

[En vitrine] L’opticienne tourangelle qui voit son job en mode écoresponsable

Elle a récemment ouvert à Neuvy-le-Roi.

Elle s’appelle Gwenaëlle Pineau et elle a déjà eu plusieurs vies professionnelles. Dans l’agriculture d’abord. Dans l’enseignement, ensuite. Dans l’optique, aujourd’hui. Tourangelle depuis 10 ans, elle définit elle-même son parcours « d’atypique » évoquant pêle-mêle sa sensibilité précoce pour l’environnement ou une attention particulière aux relations humaines. En cette année 2021, elle a ouvert Mirette et Lorgnon à Neuvy-le-Roi. La commune compte donc seulement 1 077 habitants mais elle a son opticienne.

« Depuis que je suis née c’est dans ma nature : j’avais envie d’être ma propre responsable. Mes expériences diverses m’ont amené au constat qu’il fallait que j’y aille » raconte Gwenaëlle Pineau qui a repris ses études pendant deux ans pour se former, avec de travailler auprès d’un opticien indépendant pour parfaire ses connaissances. « Dans les précédents métiers que j’ai pu faire je n’étais jamais concrètement satisfaite, j’avais besoin d’avoir la possibilité de me former en permanence et c’est quelque chose que je trouve aujourd’hui avec la nécessité de se tenir au courant des évolutions. »

Une attention particulière aux emballages ou à l’utilisation d’eau

Quand elle évoque son métier, la commerçante tourangelle insiste sur le côté service, le contact avec la clientèle comme les professionnels de santé. Opticienne, un métier « qui a du sens » selon Gwenaëlle Pineau qui s’est donnée pour ambition d’avoir une activité plus écoresponsable :

« Je me suis rendue compte qu’il y avait énormément de déchets liés aux emballages plastique des montures. Et certaines lunettes font deux fois le tour de la Terre avant de se poser sur le nez de quelqu’un. Je m’étais dit que si un jour je m’installais, il faudrait le faire dans une démarche plus respectueuse de l’environnement. »

Si Mirette et Lorgnon propose entre 400 et 500 montures différentes dans son catalogue, celles-ci proviennent seulement d’une demi-douzaine de marques que l’on nous dit rigoureusement sélectionnées : « Ce sont la plupart du temps des fabrications françaises, pas juste de l’assemblage en France. Certaines sont européennes mais à base de matériaux recyclables ou recyclés, comme des plastiques récupérés. Les modèles sont fabriqués à la commande pour éviter les pertes avec l’avantage de les rendre personnalisables. »

Rendez-vous en magasin ou à domicile

Gwenaëlle Pineau a également réfléchi à une conception écoresponsable de son magasin ce qui comprend notamment l’acquisition d’un système pour recycler l’eau utilisée lors du taillage des verres (l’opération nécessite au moins 30l). Ce sont aussi des artisans régionaux qui ont travaillé sur l’agencement (meubles reconditionnés) ou la peinture (minérale).

Un temps habitante de Neuvy-le-Roi, l’opticienne a spécifiquement choisi cette commune pour son implantation, bien qu’un tel concept aurait très bien pu s’intégrer à l’écosystème de Tours ou de son agglomération :

« Je n’ai pas hésité. C’est un territoire de plus de 20 000 habitants qui regroupe plein de petites communes avec peu de service. Cette installation va donc dans le sens de la direction que je veux donner à mon métier. Je propose notamment de me déplacer si les gens ne peuvent pas le faire. Ça m’est déjà arrivé de me déplacer en maison de retraite pour aider un monsieur en fin de vie dont les lunettes ne tenaient plus après une chute. Il ne voyait plus rien et ne pouvait plus faire ses mots croisés. Récemment j’ai aussi aidé une assistante maternelle qui n’arrivait plus à lire d’histoires aux enfants qu’elle gardait. »

La démarche fait petit à petit écho dans les alentours. Résultat : Gwenaëlle a du monde qui vient de Vendôme voire de La Riche : « J’ai du passage, des gens qui me font de super retours. C’est valorisant. » Le magasin est ouvert sur rendez-vous du lundi au samedi. Si l’affaire fonctionne, sa responsable espère pouvoir embaucher.

Olivier Collet