Indre-et-Loire

Emmanuel Macron à Tours : sa rencontre avec des parents célibataires

Le président de la République s'est rendu à la CAF.

Gros dispositif de policiers et de gendarmes ce mardi dès le début de matinée à Tours. Emmanuel Macron s'y rend pour son premier déplacement de 2021 afin de faire la promotion d'un dispositif pour éviter les impayés de pensions alimentaires. 

150 personnes pour "l'accueillir"

Dès 11h des collectifs de citoyens, des Gilets Jaunes et des syndicats se sont rassemblés Place Jean Jaurès pour dénoncer la politiques du chef de l'Etat. Dans les rangs : le Collectif Notre Santé en Dangers, Extinction Rebellion, la CGT du CHU, Solidaires...
 
 
Après 2 semaines de grève les aide-soignantes de l'ADMR41 sont venues à Tours pour se faire entendre : "On aurait voulu rencontrer le président mais on ne doit pas être assez importants pour lui" dénonce une représentante. "Nous sommes face à un grand mépris. Nous sommes mal payées et mal reconnues." La CGT de la sécurité sociale dénonce un coup de communication : "On a besoin de mesures sociales fortes, pas d'un président en campagne.

Face à face avec la police 

Après 45 minutes devant la mairie le cortège de 150 personnes a voulu se rapprocher de la CAF où le président débutera sa visite avant une seconde étape en Préfecture. Le défilé a été stoppé par les forces de l'ordre avant la gare. Un barrage hermétique même pour les riverains. Les représentantes de l'ADMR ont cherché à parlementer avec les forces de l'ordre pour obtenir un rendez-vous avec Emmanuel Macron ou ses services. 
 
 

Une visite très observée 

De nombreux médias nationaux se sont déplacés même si la quasi totalité de la visite présidentielle est prévue hors de la présence des journalistes. Une large partie du centre-ville ville sera inaccessible aux voitures jusqu'à 17 ou 18h.
 
Vers 12h15 la manifestation continue mais il ne reste qu'une cinquantaine de personnes Bd Heurteloup.

L'attente :

Les restrictions de circulation s'appliquent autour du Champ Girault où se trouve la CAF. Les gendarmes contrôlent les identités. Quelques personnes attendent dans le froid pour espérer voir le cortège présidentiel  
 
Emmanuel Macron était attendu pour 14h. Il n'était toujours pas à Tours à 14h10. Sa visite à la CAF doit durer 1h30 auprès de familles concernées par des soucis de paiement de pensions alimentaires. Le président est finalement arrivé à 14h40.
 

La rencontre :

Le chef de l'Etat a pu échanger longuement avec des mères et un père élevant leurs enfants en solo et bénéficiant du système expérimenté en Touraine depuis le 1er octobre et désormais généralisé partout en France : la CAF peut verser les pensions alimentaires aux familles monoparentales afin d'éviter les impayés ou les paiements en retard qui peuvent concerner 30 à 40% des couples séparés avec enfants. Une centaine de demandes ont déjà été traitées dans notre département en un trimestre sachant qu'il y a aussi plus de 750 dossiers lancés pour des versements non effectués.
 
"J'ai découvert la gravité du sujet au moment de la crise des Gilets Jaunes et du Grand Débat car il y avait beaucoup de femmes sur les ronds-points. On a vu qu'il y avait beaucoup de mamans solo qui ne pouvaient pas vivre quoi que travaillant car elles n'arrivaient pas à toucher les pensions alimentaires" a déclaré Emmanuel Macron en présence également d'une mère blogueuse célibataire, d'une avocate spécialisée et d'un représentant de l'association tourangelle Médiattion et Parentalité (Grégory Neveu). Après avoir détaillé le travail préparatoire à la mesure d'un an et demi, il a écouté les témoignages, par exemple une mère insistant sur le fait qu'elle devait "tout le temps appeler le papa pour réclamer la pension" et demandant aussi un accompagnement humain :"C'est bien beau l'aspect financier mais il y a aussi l'aspect moral et psychologique. Le papa qui ne prend pas ses enfants... Si vous pouviez penser à ça."
 
Le dispositif de la CAF semble satisfaire les participantes et participants à la réunion. Une autre mère a insisté auprès du président : "Je ne vais pas aller demander 150€ par mois en suppliant, ce n'est pas normal. Il faut que les pères comprennent leur devoir." "Cette mesure a facilité les démarches. La pension alimentaire c'est une question de principe : la mère n'est pas là pour éduquer son fils, c'est bien qu'elle soit là pour le fiiancement" a poursuivi le père solo présent lui ausis concerné par des impayés de son ex-compagne. "L'objectif est de ne plus avoir cette pression, de sécuriser l'arrivée des paiements" a résumé Emmanuel Macron. Néanmoins, un employé de la CAF faisait remarquer que certaines procédures resteraient compliquées si elles allaient jusqu'en justice : "les juges n'arrivent pas à connaître les revenus des débiteurs. Nous les avons mais c'est couvert par le secret professionnel." Tous les problèmes ne sont donc pas encore réglés.
 
Photos : Pascal Montagne